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Des bombes à retardement dans le budget 2019

Claudine Amstein dépeint le budget vaudois comme «un véritable exercice d’équilibrisme».

Notre canton ne va pas si mal, me direz-vous: le Grand Conseil va voter ces jours son treizième budget équilibré. Il n’y a donc pas de quoi fouetter un chat. Circulez, il n’y a rien à voir, rien à dire! Et pourtant: il s’agit d’un budget de fin de règne, d’un budget qui consiste en un véritable exercice d’équilibrisme, d’un budget qui contient dans le fond de redoutables bombes à retardement.

Au Conseil d’État, cinq départements se partagent moins de 30% (29,5%) des dépenses. Drôle d’équilibre. Le Département de la santé et de l’action sociale s’en octroie à lui tout seul les 40%, alors que celui de la Formation et de la Jeunesse y émarge pour 30,5%. Le social devant la formation? Cela ne place certainement pas le canton sur la voie de l’avenir, car c’est bel et bien au niveau de la formation qu’il faut agir pour éviter le glissement des citoyens vers l’aide sociale. Et encore plus lorsque l’on sait que le canton de Vaud compte plus de personnes sans formation de base que la moyenne suisse.

Toutefois, la véritable bombe à retardement se cache dans le nouveau système de subventionnement à l’assurance maladie, qui sera octroyé l’an prochain dès que les primes dépasseront les 10% du revenu imposable. Ces subsides représenteront à eux tout seuls 781 millions de francs sur un budget de 9,7 milliards. À chaque hausse de l’assurance maladie, ils vont ainsi continuer de croître. Ils représentent un véritable risque systémique qui pourrait prendre une ampleur supplémentaire si l’on accroît les déductions fiscales. En effet, ces dernières augmenteraient automatiquement le nombre de personnes au bénéfice de ces subventions, sans résoudre d’une quelconque manière la problématique des coûts de la santé. N’en déplaise au Parti socialiste qui entend mettre en place un système identique sur le plan suisse, il faudra bien quelqu’un pour alimenter la caisse afin de financer toutes ces subventions.

«Pour retenir les contribuables aisés, il ne suffit pas de proposer quelques «mesurettes»

Les contribuables vaudois, eux, ont déjà donné. De 2005 à 2016, le total des revenus d’impôts s’est accru de 55% alors que le produit intérieur brut n’augmentait que de 38% sur la même période, encourageant ainsi largement le Canton à la dépense. Certains contribuables aisés ont décidé de mettre un terme à ce jeu de dupes: ils ont quitté tout simplement le canton. D’autres vont certainement emprunter cette voie si rien n’est fait pour réviser l’imposition de la fortune et des revenus.

Et pour retenir ces personnes assujetties, il ne suffit pas de proposer quelques «mesurettes» sous forme de déductions qui ne feront qu’accroître les problèmes; mais c’est bel et bien en modernisant nos barèmes que l’on y parviendra. Il n’est pas inutile de rappeler que près de 30 000 contribuables rapportent à eux seuls plus de 1,3 milliard de francs au canton. Nous avons besoin de les garder afin de garantir que nos budgets futurs seront équilibrés.

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