Un caillou dans la chaussure française

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Il y a eu le Tribunal cantonal, puis le Tribunal fédéral et, enfin, la Cour européenne des droits de l’homme. Par trois fois, la justice – à chaque fois à un échelon supérieur – a réaffirmé la même sentence. Pour toutes les autorités judiciaires possibles, l’affaire est entendue: Laurent Ségalat est coupable du meurtre de sa belle-mère, Catherine Ségalat, retrouvée baignant dans son sang, à Vaux-sur-Morges, le 9 janvier 2010. Pourtant, malgré ce verdict que plus rien ne saurait contester, le scientifique, réfugié en France, reste libre de ses mouvements.

Dans cette affaire, à la douleur et à l’incompréhension légitimes des proches de Catherine Ségalat s’ajoute une épineuse dimension politique. Car, à l’heure de l’échange automatique des renseignements, de la paix fiscale, de l’amitié franco-suisse retrouvée que saluait François Hollande récemment – à Berne puis à Lausanne –, l’affaire Ségalat fait figure de caillou dans la chaussure française. Et il ne tient qu’à la France de l’enlever, en faisant purger au généticien la peine prononcée sur sol français.

La semaine dernière, pour tenter de sauver l’un de ses compatriotes, accusé de trafic de drogue, du peloton d’exécution, le ministre des Affaires étrangère français, Laurent Fabius – pesant de tout son poids –, se fendait d’un courrier aux autorités indonésiennes. La Suisse est plus prudente, elle attend. Certes, Laurent Ségalat ne risque pas d’être fusillé sur la place publique.

Pour autant, la justice martèle que c’est un meurtrier, qu’il doit purger sa peine. Et le jugement, sans appel, est exécutoire. Lorsque 24 heures avait rencontré Laurent Ségalat, en novembre dernier, la question de sa situation avait été évoquée. Le généticien craignait-il une arrestation? «Ils savent où je suis. S’ils veulent m’arrêter, qu’ils viennent me chercher…»

Créé: 27.04.2015, 07h33

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