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Le champion de ski chilien veut faire du fromage suisse

Il y a deux ans, des touristes japonais avaient photographié Felipe Anguita de la fenêtre du MOB, du côté de Montbovon. Ils l’avaient pris pour un paysan suisse typique, occupé à faire les foins aux abords de sa ferme tout aussi typique que lui. Ils ne pouvaient pas savoir que cet homme qui assurait les gestes justes avec sa fourche était en fait un éleveur chilien venu à l’alpage pendant une semaine chez Michel Braillard, bien connu des téléspectateurs, pour apprendre à y faire du fromage de chèvre. Les mêmes Japonais auraient pu revoir le même visiteur chilien ces derniers jours dans les Grisons, où il s’était à nouveau installé dans une ferme pour y découvrir un autre fromage.

Mais que fait-il ici, Felipe, avec son épouse Maria Inès (photo ci-dessus)? Il faut remonter à une trentaine d’années pour comprendre. L’histoire commence à Monthey, en Valais. Une voiture chargée de jeunes gens et de matériel de ski s’arrête devant la Taverne, le café de Jacques Oliger, fameux à Vevey (Cep d’Or et Charly’s). L’homme qui débarque parle avec l’accent sud-américain. Jacques, qui est né et a vécu au Chili, lui demande d’où il arrive. Du Chili. Felipe n’y croit pas, à ce Jacques au physique du nord qui serait Chilien. Alors Jacques sort un billet de mille pesos qu’il garde toujours dans sa poche. Poignée de main. Amitié.

Les deux hommes découvriront au fil du temps qu’ils viennent de la même région et qu’ils y ont des amis communs. Jacques apprend que Felipe – grand pote à Roland Collombin – est en fait un skieur de haut niveau qui a couru pour le Chili dans toutes les prestigieuses épreuves de Coupe du monde et a participé aux Jeux olympiques. Il est à Monthey, sur la route des Portes du Soleil, pour aller y entraîner des espoirs du ski. Et alors? Alors Felipe, qui fut l’un des pionniers du développement du lithium au Chili, a eu envie, après vingt ans, de réaliser un vrai rêve avec Maria Inès.

Acheter une ferme – c’est fait en 1996 –, avoir des vaches laitières, les élever dans le respect de leur cycle, sans les forcer. Elles ont deux mois de repos, elles ne mangent que de l’herbe et ne vivent jamais à l’intérieur. Les employés sont gâtés aussi, selon Jacques Oliger: «Ce sont des patrons vraiment modèles, hors norme, ils élèvent la qualité de vie de leur personnel qu’ils respectent infiniment en lui donnant accès au sport, à l’instruction, à l’informatique, à plein de choses.» Felipe explique: «Je veux rendre à la société ce qu’elle m’a donné.» Et il veut aussi, d’où ses semaines d’apprentissage en montagne, fabriquer avec son lait chilien un fromage de type suisse. Le goûtera-t-on à Vevey à la prochaine Fête des Vignerons? En tout cas, il reviendra la voir à Vevey: il a beaucoup aimé cet engagement extraordinaire de la foule des figurants.

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