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Mon chat, modèle de détachement

Star des réseaux sociaux, le matou est aussi expert du confinement, à l'instar de Pouet. Un exemple à suivre!

In Pouet we trust

Pouet aura bientôt trois ans. Il est gris comme un chartreux mais tient plus de la gouttière que de la race. Il est particulièrement beau, évidemment c’est mon chat. Depuis un an qu’il a pris ses aises chez moi, je fais ce qu’on ne devrait pas faire: je lui prête des sentiments humains.

Pouet a par exemple horreur de l’extérieur. Au début, ça m’inquiétait: comment peut-on être heureux sans mettre le nez dehors? J’ai bien tenté de le convaincre, le prenant sous le bras pour passer la porte, mais à chaque tentative, il a filé se confiner sous un meuble, le coeur battant.

En ces temps de repli à la maison, je l’observe se déplacer sur son territoire avec nonchalance, obtenant quelques caresses au passage, les refusant d’un coup de patte quand il n’a plus envie. Pouet possède la maîtrise complète de sa surface de vie. Son personnel de maison lui fournit en quantité tout ce dont il a besoin et même le superflu puisqu’il possède son propre compte instagram, créé entre amis lors d’une soirée d’ivresse collective au temps où on pouvait encore refaire le monde en présence.

Pouet garde néanmoins une curiosité pour l’extérieur: chaque matin à l’aube il se poste à la fenêtre. Ce qui semble réveiller en lui quelque chose: truffe au vent et oreilles en alerte, il prend alors sa petite voix féminine pour s’adresser à tout ce qui vole et a des plumes. Mais cet unique contact avec le dehors semble amplement lui suffire.

Pour un article autour de l’épidémie, j’ai interviewé récemment un infirmier en psychiatrie au sujet des effets de l’enfermement sur la santé mentale. Il m’expliquait que le confinement faisait du bien aux personnes souffrant de troubles psychiatriques. Le fait d’être maintenu dans un endroit serré les canalise et les calme. Comme l’étreinte rassure l'enfant qui pleure, ou comme le chat qui cherche les endroits à l’étroit, sous le lit ou dans les placards. Puis il ajoutait que le problème, c’est que quand on n’a pas de problèmes psychiatriques et qu’on n’est pas un chat, le confinement, en nous privant de notre liberté d’aller et venir, est perçu comme anxiogène.

Ces derniers jours, j’essaie de prendre mon chat en exemple et de penser le confinement comme quelque chose de rassurant. Comme ce qui nous permettra à tous de sortir et se frôler les uns, les autres, sans danger d’attraper ou transmettre le fichu virus. Mais je ne peux m’empêcher de trépigner entre les quatre murs de mon appartement. Et chaque matin, comme Pouet, je me poste à la fenêtre, guettant l’aube nouvelle qui verra le retour, dans les rues et les cafés, des embrassades en trois temps.

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