Pour le climat, chercher des solutions, pas des coupables

L'nvitéeAdèle Thorens Goumaz invite toutes les générations à se remettre en question et changer de cap.

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Greta Thunberg, nouvelle figure de la lutte pour le climat âgée de 16 ans, accuse les décideurs et les générations qui la précèdent: «Vous n’êtes pas assez matures pour dire les choses telles qu’elles sont.» Certaines réactions à ses propos semblent lui donner raison. On se croirait dans une cour d’école, quand on répliquait «c’est celui qui dit, qui est». Plutôt que d’écouter son message, des adultes lui retournent le reproche, à elle et à ceux de son âge. Ce sont les jeunes qui font tout faux, disent-ils, ils n’ont qu’à cesser de prendre l’avion, plutôt que d’oser se plaindre. Qui sommes-nous pour dire cela à ces adolescents? Ceux qui stigmatisent la jeunesse ont-ils un comportement si exemplaire? Qui a dessiné les contours de la société dans laquelle cette jeunesse évolue? Ce ne sont pas nos enfants qui ont défini les conditions-cadres actuelles, qui permettent à un trajet d’avion d’être vendu à un prix dérisoire, détruisant les trains de nuits et nous privant, jeunes et moins jeunes, d’un choix véritable. Un prix dérisoire qui ne reflète en rien, dans ce domaine comme dans d’autres, les atteintes faites au climat. Le prix de ces atteintes, ce sont les contribuables qui le payeront… et nos enfants qui le subiront.

«À nous de prendre nos responsabilités face aux décisions d’une majorité qui nous a menés dans l’impasse climatique»

Ma génération et celle qui la précède sont aux commandes. C’est à nous de prendre nos responsabilités face aux décisions d’une majorité qui nous a menés dans l’impasse climatique. C’est cela être «mature»: assumer les conséquences de nos actes et, quand elles sont catastrophiques, savoir se remettre en question et changer de cap. Voilà ce que nos enfants exigent de nous.

Désigner à la vindicte populaire des comportements individuels ou se renvoyer la balle d’une génération à l’autre, cela n’apporte pas grand-chose. L’heure n’est pas à la recherche de coupables, mais à la mise en œuvre rapide de solutions. Car elles existent. Nous pouvons soutenir l’isolation des bâtiments et les chauffages aux énergies renouvelables. Nous pouvons rendre plus attractifs les transports publics, dont le rail en Suisse et en Europe, favoriser l’électromobilité et l’autopartage, faciliter la vie des cyclistes et des piétons, ainsi que le télétravail. Nous pouvons développer des technologies moins polluantes pour les long-courriers. Nous pouvons favoriser les aliments locaux et ménageant le climat. Mais pour cela, il faut des décisions politiques et économiques claires. Il faut investir dans l’avenir de nos enfants, plutôt que dans les technologies et les habitudes du passé.

Samedi 2 février, nos enfants et petits-enfants nous invitent à manifester pour le climat dans toute la Suisse (https://marcheclimat.ch) . Soyons nombreux à leur montrer que nous sommes capables, avec eux et pour eux, d’assumer nos responsabilités, toutes générations confondues. Montrons-leur qu’ils peuvent compter sur nous. Et agissons enfin, chacun à notre échelle.

Créé: 01.02.2019, 06h53

Adèle Thorens Goumaz, conseillère nationale, vice-présidente du groupe parlementaire des Verts.

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