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Coldplay, écolo nigaud

Bien sûr, le réchauffement climatique et sa cohorte de migrations incontrôlées, de famines cruelles, d’incendies néroniens et de pandémies en pagaille n’ont rien de marrant.

Mais puisqu’il faut bien garder une raison de vivre heureux en attendant la mort, pourquoi bouder son plaisir à l’annonce du premier effet réjouissant de l’apocalypse qui guette? Et ne pas accrocher la nouvelle aux branches des sapins, en cadeau d’avant-Noël pour tous ceux dont les tissus bariolés de Chris Martin et ses poses de garçon coiffeur agissent sur l’épiderme avec la puissance d’un étire-poil invisible: Coldplay ne tournera pas son nouvel album!

Enfin, pas tout à fait, ou pas encore. Ou alors juste un concert en janvier, un petit, à Los Angeles, dans un festival «éthique» sponsorisé par une société de crédit, Capital One – c’est connu, le surendettement des ménages n’a pas d’impact environnemental dès lors que les plus pauvres peuvent se ruer sur des voitures électriques et des presse-purée éoliens.

«S’agit-il là d’une astuce de promotion pour attiser l’attente? D’un accès de mégalomanie?»

Ce n’est pas là l’unique contradiction du champion du divertissement musical, roi des tournées géantes avec leurs farandoles de camions et leurs bacchanales énergétiques, qui vient d’annoncer fièrement sa décision de ne plus se produire en concert tant qu’une solution écoresponsable ne sera pas trouvée. Soit une tournée «propre», sans plastique et fonctionnant au solaire. Les taquins se gaussent, les fans pleurent, les sceptiques observent d’un œil circonspect cette annonce qui (d)étonne dans une économie discographique en miettes, où seul le live rapporte encore (gros).

Sincère, Coldplay? À ce niveau de notoriété et de résonance commerciale, comment arrive-t-on à imposer à tous les agents économiques dans sa boucle de s’asseoir sur les revenus monumentaux d’une tournée mondiale? S’agit-il là d’une astuce de promotion pour attiser l’attente? D’un accès de mégalomanie? Le «paradoxe U2», quand le groupe irlandais était devenu si gros qu’il considérait ses concerts comme des grands-messes tiers-mondistes, tandis que Bono exilait fiscalement sa société de management et s’en allait en hélicoptère serrer la louche de Sarkozy en vacances? Mystère.

Un indice, tout de même. En 2005, Coldplay jouait à Zurich. Interviewé dans les loges, le bassiste Guy Berryman, 28 ans seulement, nous confiait déjà qu’il n’aimait pas les tournées, comptait s’en passer à terme et, en attendant, rentrait chaque soir dormir en Angleterre... en avion privé! Comme quoi un ras-le-bol de longue date s’accommode fort bien d’une fibre écologique de circonstance.

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