Dans le combat pour l’égalité, il faut s’attaquer au machisme

La rédactionPatrick Monay comprend la colère des femmes face au sexisme.

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Une belle jeune femme en petite tenue, exhibée en format mondial pour vanter un parfum ou une crème cosmétique. Ce genre d’affiche a déclenché une bonne vingtaine de plaintes en 2018 auprès de la Commission suisse pour la loyauté. Ce sera bientôt de l’histoire ancienne sur les murs du canton de Vaud. Surfant sur la vague féministe qui déferle dans tout le pays, le Grand Conseil a pris cette décision radicale mardi, à l’unanimité. Objectif: lutter contre le sexisme que subissent les femmes. C’est tant mieux. Tout ce qui peut être entrepris pour contrer le machisme rampant doit l’être sans attendre. C’est un mal pernicieux, qu’ont dénoncé avec courage et détermination des milliers de manifestantes vendredi dernier dans les rues de Suisse. Les calicots brandis de Genève à Zurich étaient éloquents: «Femmes boniches/femmes potiches/femmes affiches/elles en ont plein les miches!» «La planète, ma chatte: protégeons les zones humides!» Ou encore: «Les machos, vous nous cassez le clito!»

Ces slogans s’attaquent à un problème grave, que la moitié de la population vit dans son intimité. En défilant le poing levé, les femmes en violet revendiquaient le droit d’être des femmes, tout simplement. Le droit au respect de leur personnalité, de leur corps. Les médias – les journalistes hommes en premier lieu – ne l’ont peut-être pas assez bien compris, eux qui ont surtout mis en avant à cette occasion les thèmes de l’égalité des salaires et de la représentation féminine en politique ou à la tête des entreprises.

Les mots crus sur les banderoles font penser au reportage saisissant de «Temps présent» diffusé par la RTS à la veille de la grève du 14 juin. L’auteure, Sofia Pekmez, est allée à la rencontre de jeunes machos en Suisse romande. Ces gars ont entre 15 et 20 ans, ils sont fans de tuning, de jeux vidéo violents et de vidéos pornos. Pour eux, le monde féminin se divise en deux camps: les putes et les filles correctes. «Une pute, dit l’un d’eux, c’est une fille qui aime beaucoup trop s’amuser.» Ces jeunes hommes assument leur comportement sexiste, mais surtout affirment que les filles qui en sont victimes aiment ça.

«Elles se font harceler et insulter par des inconnus sous prétexte de drague»

Parlez-en autour de vous: les témoignages d’adolescentes et de jeunes femmes abondent. Elles se font harceler et insulter par des inconnus sous prétexte de drague, elles s’abstiennent de porter des jupes pour éviter des ennuis, certaines se font menacer si elles n’obéissent pas à leur copain… Effrayant.

Ces attitudes machistes sont intolérables. Le monde politique doit tenter d’y mettre des barrières. Mais nous, parents, pouvons aussi agir. Nous devons répéter à nos garçons l’importance du respect de l’autre, même si ça leur paraît ringard. Et à nos filles, qu’en aucun cas elles ne doivent accepter de se faire traiter de la sorte. Encourageons-les à clamer leur colère. À résister à ceux qui osent leur interdire de s’habiller comme elles le veulent, de s’amuser entre ami·e·s ou de faire du sport. Les voyous qui les agressent en croyant les séduire ne méritent rien d’autre qu’une froide indifférence.

Créé: 21.06.2019, 07h00

Patrick Monay, chef de la rubrique Suisse.

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