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«Les compromis dynamiques», un piège pour le PS?

François Modoux analyse le deuxième tour des élections vaudoises, côté socialiste.

Les élections vaudoises du 30 avril ont confirmé l’attachement du corps électoral à un modèle de gouvernance basé sur un équilibre des forces, avec des gains et des concessions de la droite et de la gauche. Scellée à l’improviste pour le deuxième tour, la mésalliance entre les Verts libéraux et l’UDC fera-t-elle voler en éclats cette «paix vaudoise»? Son objectif déclaré est de renverser la majorité au Conseil d’Etat (3 PS et 1 Vert contre 3 PLR). Deux sièges restent à attribuer. Les pronostics sont incertains.

Des trois partis représentés au gouvernement, le Parti socialiste est celui qui a profité le moins, électoralement, de ce régime donnant-donnant. Son champion, Pierre-Yves Maillard, a été devancé par son alter ego radical, Pascal Broulis, quand bien même le socialiste a bénéficié du rayonnement de la présidence du Conseil d’Etat toute la législature écoulée. Nuria Gorrite, certes réélue au premier tour avec un excellent score, ne réussit pas à passer devant les deux sortants PLR, Jacqueline de Quattro et Philippe Leuba. Au Grand Conseil, le PS enregistre une déconvenue: le parti recule, il perd 4 sièges.

Ce résultat est en net décalage avec les succès que les socialistes ont engrangés sur le terrain. Car les «compromis dynamique» ont été largement favorables à la gauche. Jamais dans l’histoire vaudoise le PS n’a engrangé autant de percées conformes à ses valeurs et à ses principes. Le grand marchandage entre la gauche et le PLR a globalement renforcé l’action de l’Etat dans plusieurs domaines: le logement, la régulation de la santé, la politique sociale, le soutien au pouvoir d’achat de la classe moyenne, les bourses, la petite enfance. La gauche a aussi été pour beaucoup dans le coup d’accélérateur donné aux investissements.

Solide, compétent et créatif dans l’action gouvernementale, investi de grandes responsabilités – les deux départements mammouth Santé-Social et Education sont sous sa conduite –, le PS échoue pourtant à se renforcer là où se négocient les lois et les crédits. Pourquoi ce paradoxe? La méthode des «compromis dynamiques» n’a pas permis au PS de mettre en avant les résultats obtenus, sous peine de fragiliser le processus. Autrement dit, la gauche a engrangé des acquis parce qu’elle ne le disait pas trop fort et qu’elle renonçait par avance à tout affrontement avec la droite. D’où une perte de visibilité, de profil et de tranchant. Et un recul dans les urnes.

Les stratèges socialistes n’ont pas fini de méditer ce paradoxe. La voie réaliste, social-démocrate, suivie par le tandem Maillard-Gorrite avec détermination et conséquence, gomme-t-elle le profil combatif du PS? Serait-elle un piège? L’hypothèse taraude certains esprits à gauche. Cesla Amarelle peut la démentir en sauvant le troisième siège socialiste au gouvernement vaudois le 22 mai.

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