Mais qui conduit la voiture autonome?

L'invitéePour Nuria Gorrite, l’État doit rester le garant d’une organisation cohérente et démocratique des transports.

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Voitures autonomes, trains automatiques, taxis volants… la numérisation de la mobilité peut faire rêver à de nouvelles libertés. En augmentant le potentiel et la capacité de nos infrastructures, on s’éviterait de devoir les agrandir. En offrant une mobilité sur demande dans des régions actuellement mal desservies, l’État pourrait améliorer le service public. Et, en optimisant leur prix grâce à la vente de la mobilité comme d’un service, nous pourrions rendre plus abordables encore les transports publics.

Mais cette numérisation a aussi ses revers: chaos routier par la multiplication des opérateurs en concurrence, désinvestissement des lignes de train les moins rentables, détérioration des conditions de travail dans les transports publics et privés par une concurrence qui ne respecte pas les conventions collectives…

Le 21 mars dernier, mon département (infrastructures et ressources humaines) a réuni une première Conférence cantonale sur la mobilité numérique, pour mettre en dialogue l’ensemble des acteurs du domaine et identifier les grandes questions que nous allons devoir nous poser. Un constat: l’État n’a à être ni partisan ni adversaire du numérique. S’il doit soutenir l’innovation, il doit aussi rester le garant d’une organisation cohérente et démocratique des transports.

«Si l’État doit soutenir l’innovation, il doit aussi rester le garant d’une organisation cohérente et démocratique des transports»

Malheureusement, ce constat n’est pas encore unanimement partagé en Suisse, tant est martelée l’idée que seul le secteur privé peut innover en matière de mobilité, et que la «disruption» serait l’unique futur possible.Il n’y aura pas un big bang numérique où, d’un jour à l’autre, nous volerons tous dans des engins autonomes. La transition numérique est déjà en marche et, en Suisse, le secteur public est armé pour relever ce défi. La numérisation améliore la mobilité existante, elle ne la remplacera pas! Et le secteur public sait innover. Les Transports publics fribourgeois ont développé une application permettant de prendre n’importe quel moyen de transport public en Suisse et de ne payer après son parcours que le trajet effectivement consommé au meilleur prix. Les Transports publics lausannois proposent dés­ormais à une série de clients tests une offre, zenGo, permettant de combiner transports publics, location de vélo et voitures en libre-service ainsi que courses en taxi pour un prix fixe.

Le Canton de Vaud va s’impliquer plus fortement dans la mobilité numérique, financer et tester des alternatives, développer ses capacités à réguler le système de transport. Il entend conjuguer le meilleur des deux mondes pour favoriser la transition vers des mobilités actives et durables. Il s’agit de la condition pour que nous puissions continuer à décider démocratiquement de la manière dont nous serons mobiles demain.

Créé: 29.04.2019, 06h43

Nuria Gorrite, présidente du Conseil d’État.

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