Conseil fédéral: le jeu de dominos a commencé

La RédactionJudith Mayencourt, cheffe de la rubrique Suisse, relève les premiers indices d'une recomposition du gouvernement.

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Qui seront nos sept Sages pour la prochaine législature? On peut avec une certaine confiance gager que ce seront les mêmes qu’aujourd’hui. Pour l’heure, personne ne s’est annoncé partant, même si Eveline Widmer-Schlumpf, inégalable dans son rôle de diva, prend un malin plaisir à laisser planer le doute sur ses intentions.

Mais ce calme plat ne décourage pas les faiseurs et défaiseurs de rois. Les attaques se multiplient en ce début d’année. On retiendra les plus récentes. D’abord le cri du cœur du président du PLR Philipp Müller, dans nos colonnes: pas question pour son parti de réélire Eveline Widmer-Schlumpf! Une conseillère fédérale sans base politique pose, selon lui, un problème institutionnel. Faute de relais, ses projets peinent à trouver des majorités au parlement. La Suisse se retrouve paralysée et incapable de réformes. Philipp Müller se garde bien de vouer allégeance à l’UDC. Mais lorsqu’il plaide pour le retour à la formule mathématique 2-2-2-1 et un repositionnement du Conseil fédéral au centre droit, on voit mal à quelle autre formation il réserverait les voix de son parti.

«Malgré les apparences, c’est moins de personne que d’équilibre politique dont il s’agit»

Dans une chronique remarquée dans la Weltwoche, le conseiller national UDC nidwaldien Peter Keller plaide, lui, pour une formule magique inédite: deux UDC, deux PLR, deux centristes – un PDC et un PBD – et… un seul socialiste! Les raisons de la mise à l’écart du PS sont évidemment idéologiques. Beaucoup plus étonnant, c’est le sauvetage de l’ennemie jurée, la traîtresse, Eveline Widmer-Schlumpf. Bien entourée et loin de la tentation socialiste, la Grisonne pourrait renouer avec les vieilles valeurs bourgeoises qui étaient les siennes, prédit Peter Keller.

Depuis 1999 – et la percée spectaculaire de l’UDC – la question de la représentation au sein du gouvernement est un véritable caillou dans la chaussure des partis. Représentation mathématique ou politique? Le débat est à nouveau relancé. Et malgré les apparences, c’est moins de personne que d’équilibre politique dont il s’agit.

En effet, la législature qui se termine a permis au centre gauche d’engranger deux victoires majeures: la sortie – certes très théorique - du nucléaire, et le renoncement au secret bancaire. La majorité s’est nouée à 4 contre 3 grâce à l’alliance du PS, du PDC et du PBD. Malgré ses deux sièges, le PLR s’est donc retrouvé à la marge, aux côtés de l’UDC. Et les fastes de l’année présidentielle de Didier Burkhalter n’y changent rien, le grand vieux parti n’est plus le centre de gravité de la politique fédérale. Un deuxième UDC le remettrait au centre de l’échiquier. Et dans la foulée, le Conseil fédéral verrait sa ligne réorientée à droite.

L’intention politique est limpide. Mais il n’y a pour l’heure pas le moindre caillou blanc sur le chemin d’une possible concrétisation.

Créé: 20.02.2015, 10h26

Judith Mayencourt (Image: DR)

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