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Carte blancheÊtre consommateur en 2020, c’est quoi?

à Sophie Michaud Gigon, pour qui il est plus important que jamais d'informer et conseiller les consommateurs à propos de leurs droits.

Ces temps, je suis agacée. D’abord et particulièrement par ceux qui disent qu’on ne doit surtout rien changer à notre manière de produire et de consommer et qui sont restés figés entre 1960 et 1980. Ensuite par ceux qui font l’amalgame entre consommation et surconsommation. En terme économique, consommer signifie «utiliser des biens et services». Nous le faisons tous quotidiennement, cela n’implique pas forcément que nous le fassions mal.

En 2020, nous sommes plus nombreux qu’il y a vingt ans à vouloir nous affranchir de la société de surconsommation. Il n’est pas nécessaire pour autant de mépriser dans la foulée notre statut d’utilisateur, d’assuré, d’usager, de client; le consommateur, c’est «l’autre partie» du contrat, il a donc des droits et des devoirs. Il peut, dans une certaine mesure, faire pencher la balance en utilisant son pouvoir d’agir.

Lors des travaux parlementaires sur la crise du Covid-19 et son impact, un conseiller fédéral illustrait la place du consommateur, au centre de l’économie, en disant qu’on ne savait pas s’il se contenterait à l’avenir de salade de cervelas ou s’il se ruerait sur de grands crus. L’image montre qu’on ne sait pas de quelle manière ni à quelle vitesse se fera la reprise. La consommation des ménages, c’est un peu le yin et le yang de l’économie, plus de la moitié du PIB, un curseur sacré des économistes, bien représentés dans la Berne fédérale.

Pourquoi le consommateur, invoqué à tout-va, est-il alors si peu intégré dans les négociations? Le Conseil fédéral a certainement invité les faîtières économiques à se mettre autour de la table. Pourquoi pas la Fédération romande des consommateurs (FRC)? Le Conseil fédéral et l’administration, au final eux aussi des consommateurs, estiment-ils par là même déjà défendre ces intérêts? À moins qu’ils n’aient pas envie que les associations de défense des consommateurs mettent le doigt sur certains points et aient des exigences?

«Toutes ces semaines, il a fallu informer, enquêter, dénoncer, revendiquer, conseiller»

Or, nos droits sont mis sur le gril. Ne plus vouloir rembourser les voyages annulés. Reporter une créance sous forme de bon, alors que la loi est pour une fois clairement en faveur du client. Assouplir la loi sur les denrées alimentaires en simplifiant l’étiquetage des produits durant six mois, sans que le besoin ne se soit fait sentir dans les grandes surfaces jusqu’ici. Mettre sur le marché des produits indispensables pour se protéger du virus à des prix frôlant l’usure. Toutes ces semaines, il a fallu informer, enquêter, dénoncer, revendiquer, conseiller. Face aux incertitudes et contre-vérités, la population en avait besoin, plus que jamais.

Pour défendre la cause qui est la nôtre à tous, il faut proposer des solutions et jouer la carte de la solidarité là où le client peut choisir. À titre d’exemple, la FRC a donné sa caution à une plateforme communautaire connue pour sa force de frappe qui relie commerces locaux et consommateurs; elle a aussi promu les circuits courts et la vente directe.

Car la proximité, même si elle n’est pas forcément possible pour tout, est gage de moins de pollution et de gaspillage. Elle permet de mieux appréhender ce qu’on consomme. Elle offre de la traçabilité, des responsabilités claires. Elle permet une identification qui, dans l’alimentaire, fait croître la valeur des denrées et de ceux qui les produisent.

Alors même si personne ne peut dire quels changements notables et à long terme interviendront, certaines tendances méritent d’être consolidées. Pour faire nos choix en 2020, nous aurons besoin d’être informés au mieux sur les conséquences de nos actes d’achat, et nous devrons nous rappeler que nous appartenons à une communauté, avec l’interdépendance que cela induit. Consommer avec responsabilité et conscience fait sens.

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