Coronavirus, paperasse et loi de Parkinson

L'invitéRichard Falo s'insurge contre les lourdeurs administratives.

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Alors que le coronavirus débarque dans nos contrées, plus de mille médecins hospitaliers en France voisine se sont mis en grève pour protester contre les lourdeurs administratives. C’est une des bizarreries de l’actualité qui fait que ces médecins sont en lutte non pas contre une pandémie prévisible, mais contre l’invasion de la bureaucratie toujours plus présente.

Ces médecins se disent accaparés par toujours plus de rapports et formulaires administratifs qu’ils doivent remplir et qui finiront classés dans quelque obscur placard du troisième sous-sol.

Dans mon propre domaine, celui de l’Église, j’ai aussi constaté que pour faire tourner la machine, toujours plus de rapports, tableaux statistiques et autres procès-verbaux sont attendus de la part de conseillers paroissiaux qui finissent par se lasser de cette omniprésence de la paperasse.

«À mesure que nous gagnons en productivité, l’appareil administratif enfle en proportion de manière à occuper le temps économisé…»

En politique, la même tendance semble se dessiner. Exécutifs et Conseils communaux ont de plus en plus de mal à recruter compte tenu du fardeau administratif lié au mandat, lit-on.

Le controlling administratif, et quel que soit le nom par lequel on le déguise, est partout. Il agace les uns et pousse les autres à jeter l’éponge.

L’historien Cyril Northcote Parkinson expliquait qu’un département administratif, quoi que l’on fasse, prendra tôt ou tard l’ascenseur. Dans son livre «Parkinson’s law» (paru en français en 1983 sous le titre «Les lois de Parkinson»), il écrit: «Tout travail finira par s’étaler de façon à occuper le temps disponible pour son achèvement.» À mesure que nous gagnons en productivité, l’appareil administratif enfle en proportion de manière à occuper le temps économisé…

Suspect de ne pas en faire assez

Avec l’augmentation du controlling augmente ce sentiment diffus d’être suspecté de ne pas en faire assez – ou assez bien – et logiquement l’engagement, la confiance et donc la production en prennent un coup… C’est comme si le serpent s’était pris les pieds dans le tapis.

Au bout du compte, on découvre un millier de médecins en colère qui ont le sentiment qu’on ne leur fait plus confiance et qui en ont ras le bol de remplir de la paperasse plutôt que d’être au chevet des patients.

Davantage de temps passé dans des colloques qui ne servent à rien et à remplir des PV que personne ne lira fait qu’il y aura moins de gens motivés sur le terrain. Ce n’est pas plus compliqué que ça…

J’ai le sentiment que la loi de Parkinson sévit ces temps-ci, et pas seulement dans les milieux de la santé et de la politique, mais que, poussée par sa soif de paperasse, elle s’étend de manière exponentielle… un peu comme le nouveau coronavirus.

Créé: 27.02.2020, 06h54

Richard Falo, pasteur.

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