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Culture commune, l’histoire est une discipline fondamentale

Dominique Dirlewanger estime qu'une consolidation des apprentissages historiques est nécessaire.

À l’ère de l’instantanéité du Net, savoir trier l’information et hiérarchiser les sources n’a jamais été aussi indispensable. Le numérique nous dispense de mémoriser, comme d’assimiler par cœur des connaissances. La compréhension du monde en serait facilitée. Dans l’univers des big data, la culture générale n’a jamais été aussi inutile… en apparence!

L’enseignement de l’histoire figure au programme des élèves depuis le primaire jusqu’à la fin du secondaire. Contrairement aux mathématiques et au français, cette reconnaissance scolaire comme discipline fondamentale n’est plus attestée par un examen au bout de la scolarité. Alors que la spécialisation du monde professionnel et la multiplicité des maturités académiques diversifient les parcours, l’histoire représente une culture commune. Grâce aux leçons d’histoire dispensées chaque semaine, les élèves abordent une connaissance générale du passé nourrie des questions du présent.

Branche «accessoire»

Le savoir historique est un bien précieux, mais de plus en plus rare dans le système scolaire. En 2012, la maturité professionnelle consacre le déclassement de l’histoire en branche complémentaire, élimine l’examen final et réduit sa dotation horaire par deux. En 2016, l’école de commerce au sein des gymnases abolit l’enseignement d’histoire en troisième année, ainsi que l’examen final. En 2019, l’admission au gymnase depuis les écoles privées ne prévoit plus d’épreuve d’histoire, discipline considérée comme accessoire. En 2020, le projet de révision de l’école de culture générale envisage la réduction de 30% de l’enseignement d’histoire en dernière année.

Réduire la compréhension du passé, délégitimer la culture historique, c’est aussi s’en prendre à la citoyenneté. Lorsqu’il s’agit de se prononcer plusieurs fois par an sur des objets en votation, il faut maîtriser le système politique et ses enjeux, ce que l’étude du passé permet justement de réaliser. C’est ce qu’exige l’examen de citoyenneté pour l’obtention du passeport suisse. Une consolidation des apprentissages historiques constitue sans doute une nécessité face à la propagation des fausses nouvelles sur les réseaux sociaux.

S'armer contre la discrimination

L’école vit un étrange paradoxe. L’étude de l’histoire passionne un large public. Pour preuve, les succès considérables en librairie des publications d’histoire. Toutefois, le temps dévolu en classe à l’analyse du passé ne cesse de se réduire. Il est confortable de croire que cette dynamique ne concerne que le monde professionnel; il n’en est rien. Les révisions en cours au sein des gymnases seront l’occasion de nouveaux arbitrages sur la grille horaire.

La culture historique est une arme contre la discrimination sociale et un puissant désintégrateur à préjugés. Face à ces enjeux politiques et sociaux majeurs, l’histoire doit rester une discipline fondamentale!

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