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La cybersécurité, un enjeu de confiance

Frans Imbert-Vier rappelle que la Suisse possède une belle réputation en matière de sécurité informatique.

L’ensemble du secteur des technologies de l’information, à commencer par les GAFAM (Google, Apple, Amazon, Facebook, Microsoft), ne cesse de communiquer sur ses offres en mettant en évidence le sérieux, la performance et surtout l’éthique de ses solutions. Comment croire Google, qui s’attache à vouloir préserver notre vie privée, quand son modèle économique s’appuie sur les données issues de notre activité? Comment croire Microsoft, qui veut devenir le leader de la cybersécurité, quand ses systèmes d’exploitation sont chaque jour mis à l’amende pour leur vulnérabilité? Comment croire Facebook quand il se fait aspirer les données de millions de ses membres? Comment croire les éditeurs d’antivirus quand Avast se fait attraper à revendre les données de trafic de ses utilisateurs? Et comment croire Crypto AG, l’un des leaders mondiaux de la cryptographie, qui aurait trahi la confiance de plusieurs dizaines de gouvernements en s’appuyant un peu sur la neutralité du drapeau suisse?

Ces trahisons répétées n’ont en général que peu d’effet sur les acteurs de la cybersécurité. Les éditeurs de logiciels antivirus et de systèmes de détection ou les constructeurs de pare-feu internet ont toujours été mis à l’écart des défauts d’image liés aux scandales des grands majors du numérique mondial. Ce sont ceux qui gèrent les données qui sont mis en lumière, jamais ceux qui produisent la technologie.

«L’image des entreprises de cybersécurité suisses est dans le monde l’une des mieux reconnues»

Mais avec l’affaire Crypto AG il y aurait peut-être un avant et un après qui se dessine. Les professionnels de la cybersécurité, particulièrement les acteurs suisses dont la majeure partie prennent naissance à l’EPFL ou dans les grandes écoles d’ingénieurs de Genève et d’Yverdon, vont naturellement bénéficier d’un doute de confiance, de la part des clients internationaux essentiellement. Car l’image des entreprises de cybersécurité suisses est dans le monde l’une des mieux reconnues, au point d’être comparée qualitativement au leader incontesté du domaine, l’État d’Israël, qui est à ce jour le premier pourvoyeur de l’innovation en matière de cybersécurité.

Dans chaque secteur économique, il y a un mouton noir. Le révéler ne doit pas mettre en doute l’engagement, la capacité d’innovation et l’éthique qui composent l’ensemble des acteurs de la cybersécurité. Il y aura toujours des opportunistes et des acteurs mercantiles. Mais le client – qu’il soit un particulier ou une entreprise – ne doit pas remettre en cause le sérieux des acteurs suisses, bien au contraire.

La Suisse offre une souveraineté exemplaire et exceptionnelle qu’aucun autre acteur ne peut revendiquer. Mais c’est surtout un vivier d’innovation et de génie qui court tout au long de l’arc lémanique et jusqu’à Sierre. Un vivier d’idées et d’excellence qui fera vite – nous le souhaitons – oublier l’accident Crypto AG et permettra ainsi de maintenir la Suisse dans le leadership mondial de la cybersécurité.

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