Passer au contenu principal

Deux beaux jeunes mariés et un lézard disparu

Hier matin, je voulais consacrer cette modeste chronique à l’histoire d’un lézard, mais un message de l’ami Jean-Marie, qui sait tout sur presque tout dans cette Fête, m’a informé d’un événement que je ne pouvais pas rater: le mariage d’une Effeuilleuse, Sandra Pardini, avec Sacha Rouiller, un Homme du premier printemps. Homme du premier printemps, je veux bien, mais si j’ai tout compris, ces deux amoureux adorables se connaissent et s’aiment depuis au moins neuf printemps, neuf étés, neuf automnes et neuf hivers. C’est encore plus beau!

Juste pour en revenir au lézard, qui décidément n’est pas l’animal fétiche de cette Fête: il existait sur le chemin du Calamin, à Puidoux, au cœur des vignes, une sculpture de bronze très réussie représentant notre petit ami des murailles, fixé sur une fontaine. En hiver, quand les lézards de chair, d’os et de queue sont cachés et ne sortent que rarement, celui-ci rappelait leur existence aux promeneurs, dont je suis. Mais il a disparu.

Oui, il existe quelque part un bonhomme qui garde chez lui, sur la table de son salon, notre copain de bronze, et que ça ne gêne pas. Cher voleur, maintenant que vous l’avez bien regardé de près, caressé, possédé rien que pour vous, comme des gars, dans le monde gardent, rien que pour eux, un tableau de maître, que diriez-vous d’aller le ramener sur sa fontaine, avant que la Fête ne s’achève. Par ce geste élégant, vous changeriez de costume, vous passeriez du statut de malfaiteur de petit calibre à celui d’Arsène Lupin des murailles.

Si votre conscience vous invite à retourner sur le chemin du chasselas, vous pouvez aussi me téléphoner et, discrètement, en buvant une bouteille que j’offre volontiers, nous irons ensemble au cœur d’une nuit d’été sceller l’animal à sa place sans rien dire à personne. Je ne plaisante pas: 079 643 03 21.

Bon, j’en reviens au mariage de Sandra et Sacha. Quand j’étais gosse, en France, je lisais l’immense journal du coin qui avait la bonne habitude de publier dans une rubrique, Sous le voile, les photos des mariages célébrés dans la région. Au fil des jours, il y avait Morhange sous le voile, Bermering sous le voile, Forbach sous le voile, etc. J’avais attrapé un de mes premiers fous rires quand, avec un pote à moi, nous avions vu une photographie de jeunes mariés sous le titre: Froidcul sous le voile. Ah, les galopins, pliés en deux sur le journal froissé!

Il n’empêche que les quotidiens d’aujourd’hui, je parle des vrais journaux en papier, qui ont de la peine à vivre, devraient en revenir à cet usage, et publier en images le bonheur tout éclatant des mariés. Hier, à la sortie de l’Hôtel de Ville de Vevey, évidemment, les mariés n’étaient pas seuls. Il y avait les parents de Sacha, Isabelle Simon Rouiller et François Rouiller, Franca Petrucci la maman de Sandra venue de Toscane, et des dizaines et des dizaines d’Effeuilleuses, d’amis costumés, pleins de sourires, de bonne humeur, d’envie de danser et de chanter, ce qui d’ailleurs paraît tout à fait normal dans cette ville de Vevey transformée par la Fête.

J’en reviens à mon voleur, avec un dernier mot à son endroit: cher monsieur, on pourrait dire que vous ramenez la sculpture sur sa fontaine, et que tout en restant à jamais à sa place, elle devient le cadeau de mariage que vous faites à Sandra et Sacha. Chaque année, au mois d’août, ils iraient ainsi trinquer auprès du lézard, sur les murailles qui riment avec retrouvailles et, qui sait, marmaille.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.