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Les directives anticipées doivent devenir «sacrées»

Jacques-André Haury refuse que les dispositions prises pour gérer la fin de sa vie soient sujettes à interprétation.

Les directives anticipées sont des dispositions que prend une personne pour gérer la fin de sa vie. Les autorités vaudoises tentent de promouvoir la rédaction de ces directives. Pratiquement, elles se résument à ce que chacun souhaite: qu’en cas de maladie désespérée ou de perte durable de discernement – et l’on pense avant tout à la démence sénile – aucune mesure médicale ne soit prise qui puisse avoir pour effet de prolonger la vie.

Or l’expérience démontre que souvent ces directives ne sont pas respectées. Dans sa réponse à une interpellation de la députée Graziella Schaller, le Conseil d’État vaudois laisse entendre que, dans la pratique, l’application de ces directives se révèle difficile, et qu’elles demandent la collaboration des proches.

Je conteste l’idée d’interpréter les directives anticipées en fonction des circonstances du moment et de l’avis des proches.

Si je déclare formellement, et en pleine possession de mon discernement, que, lorsque j’aurai durablement perdu ce discernement, je refuse toute mesure susceptible de prolonger ma vie, cela signifie que je refuse, le moment venu, toute réanimation, toute antibiothérapie (dite maladroitement «de confort»), tout traitement d’une éventuelle hypertension ou d’un diabète et toute mesure visant à m’alimenter par contrainte. Et ces dispositions devront être appliquées justement lorsque je serai incapable d’exprimer valablement ma volonté et de m’opposer aux soins proposés.

Il n’y a aucune raison pour que ces directives soient «interprétées». Demande-t-on aux héritiers d’un patient dément d’interpréter le testament qu’il a rédigé «en pleine possession de son discernement»? Sous réserve que leurs droits soient respectés, les héritiers n’ont aucune possibilité de s’opposer à un testament, considéré comme «sacré». C’est ainsi que doivent être traitées les directives anticipées. Je ne vois pas pourquoi j’aurais le droit de disposer de deux commodes et de trois tableaux, mais pas de ma fin de vie!

«Je conteste l’idée d’interpréter ces directives en fonction des circonstances du moment»

On me dira que les choses sont moins simples, que la maladie n’est jamais totalement désespérée, que la démence est souvent progressive, et que ces directives ne sont pas toujours facilement accessibles. Cela ne doit rien enlever à leur caractère contraignant.

Un médecin vient d’être condamné pour avoir activement accéléré le décès d’une de ses patientes. Cette condamnation a ému les nombreuses personnes qui attendent précisément de leur médecin qu’il les aide à mourir si la situation devient trop pénible et désespérée. Mais le Code pénal condamne clairement l’euthanasie active; le modifier ne sera pas aisé et prendra du temps. Il serait plus urgent que le corps médical et le personnel soignant encouragent leurs patients à rédiger des directives anticipées, puis veillent à ce qu’elles soient scrupuleusement respectées.

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