Donald Trump: c’est la faute aux médias!

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A la mi-août, Donald Trump envoie une salve de messages sur son compte Twitter. Il dénonce l’action des médias. Coupables à ses yeux de la baisse des intentions de vote en sa faveur. Et d’une «protection» dont jouirait à ses yeux la candidate démocrate Hillary Clinton.

Il semble que cette brusque éruption soit provoquée par une enquête du New York Times, publiée la veille. L’article évoque les interrogations d’une équipe de soutien sur la capacité du candidat républicain à hausser son niveau.

Avant l’élection primaire, le magnat de l’immobilier s’en est déjà pris plus d’une fois à la presse.

Le nouveau médiateur du New York Times, Jim Rutenberg, n’a pas attendu le dernier éclat du milliardaire pour signaler les dommages collatéraux causés par cette candidature sur les pratiques journalistiques.

«Trump teste les normes de l’objectivité en journalisme», affirme le titre d’une chronique parue le 8 août dans le quotidien. Le journalisme américain distingue plus clairement que d’autres la séparation entre l’information et l’opinion. Il met au service de l’information un arsenal de moyens techniques: l’apport de preuves factuelles, la citation systématique des sources, l’attribution claire des citations, l’usage approprié des guillemets, la présentation obligée des points de vue opposés. Dans une campagne présidentielle, ce dernier aspect prend une importance absolument décisive.

L’application de ces règles professionnelles n’échappe pas toujours à un risque de formalisme. Elle a été dénoncée comme un «rituel stratégique», visant à mettre les journalistes à l’abri de la critique.

Le défi est compliqué

Que faire lorsqu’il s’agit d’un candidat comme Trump, dont les propos ne semblent reculer devant aucune forme de provocation? A point de dessiner au fil des mois le profil d’un candidat sanguin, inconséquent, irresponsable et potentiellement dangereux. Comment ne pas mettre en débat, non d’abord ses idées politiques, mais sa capacité même à occuper le symbolique bureau ovale?

Cette candidature hors norme compromet par elle-même l’équilibre recherché par la presse d’information. La couverture des faits et gestes de Trump est à leur mesure; elle n’a pas manqué non plus de contribuer à sa notoriété. Le malaise est là.

Un cadre de la rédaction du quotidien new-yorkais se sent obligé de préciser que ce traitement spectaculaire ne signifie pas l’abandon d’une couverture «vigoureuse» de la campagne de Hillary Clinton.

Du coup, on peut se demander si l’ampleur accordée par les médias à l’usage inadéquat de sa messagerie privée par l’ancienne occupante du Département d’Etat ne répond pas à une ambition d’établir, entre les deux candidats, un équilibre introuvable.

Lire le texte intégral sur www.mediateur.tamedia.ch

(24 heures)

Créé: 24.08.2016, 09h25

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