L’école, les études et l’apprentissage

L'invitéOlivier Delacrétaz, Président de la Ligue Vaudoise, s'enflamme autour d'un papier valorisant la voie de l'apprentissage.

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M. Philippe Maspoli consacre, dans 24 heures du jeudi 12 mai, un article et un éditorial à quatre jeunes qui ont opté pour l’apprentissage non par résignation mais par passion pour un métier. C’est un plaisir de voir avec quelle énergie conquérante ils prennent leur vie en main.

Ce sont plutôt les parents qui font grise mine, notamment quand de bons résultats scolaires permettraient à leur enfant de passer au gymnase. Ils veulent le meilleur pour lui et pensent que le meilleur passe nécessairement par une licence universitaire. Ce papier, jugent-ils, débouche sur un emploi plus sûr, plus intéressant et mieux rémunéré que ce que peut offrir un certificat d’apprentissage.

Pour la sécurité de l’emploi, ce n’est pas tout à fait exact. Je connais des universitaires multidiplômés qui cherchent en vain du travail, parfois depuis plus d’une année, et sont trop contents d’assurer la pitance de leur famille avec de petits boulots à durée limitée. Pour ce qui est du revenu, le raisonnement parental est en gros juste, mais avec pas mal d’exceptions. Quant à l’intérêt d’un métier manuel ou de commerce, les déclarations enthousiastes de ces apprentis ne laissent pas place au doute. Le soussigné, détenteur d’un CFC de graphiste, ne peut que confirmer.

De plus, comme le rappelle M. Maspoli, la formation peut continuer bien au-delà du certificat fédéral de capacité. Depuis une vingtaine d’années, les maturités professionnelles et les Hautes Ecoles spécialisées offrent des voies conçues tout exprès pour le détenteur d’un CFC qui désire aller plus loin, enrichir ses connaissances, élargir ses capacités.

L’apprentissage est une voie royale quand on aime son métier

L’auteur a intitulé son article «Des apprentis cassent les clichés sociaux». Le cliché social, c’est celui de la supériorité intrinsèque de la formation universitaire. Je crois que ce préjugé découle – ou plutôt dérive – de la nature même de l’institution scolaire. Apprendre à lire, à rédiger et à compter, à parler une langue étrangère, à connaître l’histoire, la géographie et l’environnement sont des activités essentiellement intellectuelles. Il est compréhensible que l’école tende à privilégier la voie universitaire, qui prolonge ce type d’activité.

Poussé par un souci obsessionnel d’égalité, on est allé au-delà de cette tendance naturelle. On a organisé l’ensemble du système scolaire dans le but d’offrir à chaque élève la possibilité d’accéder aux études longues. Le contrecoup pervers de cette politique est que la voie de l’apprentissage apparaît à beaucoup comme une solution de pis-aller destinée à ceux qui, malgré leurs efforts et ceux de l’institution, n’ont pas réussi à passer l’épaule. Nos quatre apprentis leur répondent magnifiquement que la voie de l’apprentissage est une voie royale quand on aime son métier. (24 heures)

Créé: 13.05.2016, 14h59

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