Passer au contenu principal

L’écologie de plus en plus piégée par l’idéologie

Christophe Reymond se demande comment les nouveaux élus Verts aborderont leur mandat.

Il sera particulièrement intéressant d’examiner comment les représentants des partis écologistes, grands vainqueurs des élections fédérales, aborderont leur mandat. Parviendront-ils à influencer comme ils l’espèrent le cours de la vie politique du pays?

Il leur faudra alors apaiser la frange active et bruyante des militants qui représente l’écologie catastrophiste et désespère de l’être humain au point de le pousser à des transformations radicales de son mode de vie. On les entend en effet beaucoup, ces partisans d’une vision millénariste et messianique à la fois, qui renvoie à cette approche pas vraiment exaltante consistant à proclamer qu’après avoir péché par orgueil, l’humanité doit désormais expier.

Cette conception se heurte à de nombreux écueils. Une approche punitive entrera d’abord très rapidement en conflit avec les aspirations individuelles. Si tout finit par des taxes ou des interdictions, la qualité de vie des citoyens se péjorera, la résistance sera vigoureuse et les bienfaits pour la planète à peu près nuls. Ne comptons pas non plus sur l’effet potentiellement exemplaire de nos contritions pour une prise de conscience planétaire. On dénombre plus de décroissants assis sur le Grand-Pont un vendredi ensoleillé de grève pour le climat – mais hors vacances scolaires – que dans tous les pays du Sahel réunis.

«Le défi environnemental ne pourra être relevé que s’il intègre les nécessités économiques et sociale»Christophe Reymond, directeur du Centre Patronal

Le catastrophisme emporte cet avantage qu’il simplifie tout, se révèle imperméable au doute. Il est l’antithèse de la politique parce que la réponse qu’il induit est univoque, jamais sujette au possible, à l’acceptable, au compromis, c’est-à-dire au temps long. Toute une partie du mouvement écologiste rejette ainsi profondément la notion de développement durable qui vise à harmoniser les exigences environnementales, économiques et sociales. La plupart de nos politiques sont fondées depuis des années sur cette conception, qui a d’ailleurs produit des résultats remarquables. Elle n’est clairement pas celle qui anime les revendications des Philippulus verts les plus activistes.

Toute politique fondée sur des visions radicales aboutit à des décisions ou à des actions qui le sont aussi. C’est hélas à cette dérive idéologique que nous sommes confrontés avec ceux qui confondent volontairement la lutte contre le réchauffement climatique avec la critique fondamentale de l’organisation économique et sociale. La tendance n’est d’ailleurs pas nouvelle, puisque les études démontrent que les Verts se situent depuis longtemps à l’extrême gauche de notre échiquier politique.

Pourtant, les opinions publiques devront être suffisamment convaincues non seulement des problèmes, mais aussi des solutions proposées, pour en accepter le prix. À défaut, l’écologie ne deviendra que l’expression de la peur de vivre et de l’effroi devant l’avenir.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.