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L’économie a besoin de multinationales responsables

Boris Siegenthaler soutient l'initiative demandant aux grandes entreprises d'assumer leurs responsabilités.

Après plus de deux ans de traitement et plusieurs reports du débat, le Conseil des États se prononcera le 18 décembre sur le contre-projet à l’initiative «pour des multinationales responsables». Je reste d’habitude éloigné des débats politiques, mais en tant qu’entrepreneur responsable de l’impact de nos activités économiques, il me paraît pertinent de m’engager sur cette thématique.

Le but de l’initiative tombe sous le sens: lorsqu’une grande multinationale agit de manière inacceptable, elle doit être tenue pour responsable de ses actes. Les violations des droits humains et les pollutions de l’environnement doivent avoir des conséquences. Prônées depuis des années, les mesures volontaires ont montré leurs limites. Leur efficacité limitée est illustrée par la répétition des scandales dans lesquels des multinationales basées en Suisse sont impliquées à l’étranger.

Elles doivent maintenant bénéficier d’un cadre légal clair, à même de définir leurs obligations en termes de respect des droits humains et de l’environnement. Cela leur permettra d’évoluer sur la scène économique internationale avec les mêmes règles du jeu. Demander aux multinationales de faire état de leurs bonnes pratiques, comme l’a proposé le Conseil fédéral, ne permettra aucunement d’améliorer la situation sur le terrain.

En tant qu’entrepreneur d’une société de plus de 130 employés, il me paraît normal d’assumer mes responsabilités et je souhaiterais que les multinationales soient soumises au même cadre que les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) par exemple.

«Il est peu recevable que les multinationales puissent se soustraire à leur responsabilité en prétendant ne pas connaître leurs partenaires économiques»

Ce que propose l’initiative «pour des multinationales responsables» relève du bon sens et il est peu recevable que les multinationales puissent se soustraire à leur responsabilité en prétendant ne pas connaître leurs partenaires économiques. Quelle est la cohérence d’une multinationale lorsqu’elle affirme ne pas être en mesure de contrôler les pratiques de ses filiales?

De nombreux pays ont déjà adopté des lois afin de définir la responsabilité des multinationales. Il est essentiel que l’économie suisse contribue à cette tendance. Plus de 160 entrepreneurs s’engagent à mes côtés au sein d’un comité de l’Économie pour des entreprises responsables, et le compromis sur la table au parlement bénéficie de l’appui de nombreux acteurs, dont la Fédération des entreprises romandes, le Centre Patronal et le Groupement des entreprises multinationales, ainsi que de la Conférence des chefs des départements cantonaux de l’économie publique.

L’implication de ces poids lourds de l’économie et de la politique en faveur d’un cadre légal contraignant me donne bon espoir en vue du débat au Conseil des États.

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