Église, voici venu le temps du rééquilibrage

L'invitéOlivier Delacrétaz souhaite que l'on restitue aux paroisses, fédérées en régions, leur rôle de cellules fondamentales.

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Les cinq plus anciens membres du Conseil synodal de l’Église évangélique réformée du canton de Vaud ne se représenteront pas aux prochaines élections. Un sixième avait déjà démissionné ce printemps. On y a surtout vu des conflits de personnes, mais ce qui se passe est plus profond.

La situation de l’Église est difficile. Beaucoup de personnes s’en sont éloignées. Les textes bibliques et les formulations ordinaires de la foi ne trouvent que peu d’écho dans le langage et la pensée dominants. Les vocations pastorales diminuent.

L’opération «Église à venir», lancée en l’an 2000, prétendait répondre à ces questions. Elle tendait à faire de l’Église une entreprise gérée selon les normes censément rigoureuses et efficaces du new public management: une direction centralisée maîtrisant l’action, un découpage régional ventilant la volonté du centre; des paroisses déterritorialisées exécutant les ordres et faisant progressivement place aux régions; les laïcs considérés comme des consommateurs; les pasteurs ravalés au rang d’employés spécialisés, répartis au gré des besoins par un bureau central des ressources humaines.

«C’est encore dans les paroisses, si affaiblies soient-elles […], que s’inventent aussi les réponses adéquates aux problèmes locaux»

Ce chambardement, d’ailleurs atténué dans sa version finale, n’a pas atteint ses buts. Il a plutôt déclenché une chaîne sans fin de changements, tous présentés comme indispensables et urgents, tous inaboutis, exténuants et, à la longue, démotivants. En même temps, des nécessités avérées étaient ignorées par les autorités de l’Église, comme l’établissement de relations correctes avec la Haute École de théologie ou comme la formation de laïcs pour pallier l’insuffisance des forces ministérielles.

À l’époque, on avait négligé les réactions négatives immédiates de beaucoup de paroisses, les jugeant passagères. Elles subsistèrent au contraire, sourdement, pour éclater au grand jour à l’occasion de la publication – et du refus par le Synode – du «Rapport sur les dotations», qui accentuait encore le déséquilibre entre le centre administratif et le reste de l’Église.

Même aujourd’hui, c’est encore dans les paroisses, si affaiblies soient-elles (notamment à Lausanne, où, de l’avis général, elles doivent être repensées), que la foi est vécue concrètement, avec les cultes réguliers, la sainte Cène et les baptêmes, le catéchisme et la solidarité sociale, que s’inventent aussi les réponses adéquates aux problèmes locaux.

Les élections de juin prochain pourraient ouvrir à un rééquilibrage de l’Église évangélique réformée vaudoise. En particulier, on restituerait aux paroisses, fédérées en régions, leur rôle de cellules fondamentales et on systématiserait la formation des laïcs, le Conseil synodal assurant pour sa part les relations avec l’État et d’autres institutions, ainsi que l’unité de l’ensemble sous l’angle du bien de la mission commune. (24 heures)

Créé: 26.11.2018, 16h47

Olivier Delacrétaz, président de la Ligue vaudoise.

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