Afin d’encourager le respect de la dignité de l’animal

L'invitéeTamara Fretz soutient l’initiative «pour les vaches à cornes».

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L’initiative «pour les vaches à cornes» peut sembler porter sur un sujet secondaire et sans enjeu. Elle met toutefois en avant la relation que nous voulons avoir avec les animaux qui nous entourent et en particulier avec les animaux de rente qui nous fournissent une partie de ce que nous mangeons.

L’écornage est apparu avec l’industrialisation de l’agriculture, mais la stabulation libre est parfaitement compatible avec des vaches à cornes pour autant que les installations soient correctement dimensionnées.

L’écornage constitue une intervention massive sur le jeune veau, même s’il bénéficie d’une anesthésie générale et de l’administration d’antidouleurs pendant plusieurs semaines.

«La stabulation libre est parfaitement compatible avec des vaches à cornes»

Avant de lancer leur initiative, les initiants ont discuté de longues années avec l’Office fédéral de l’agriculture et des parlementaires fédéraux pour essayer de régler ce sujet par voie d’ordonnance. Ces discussions n’ont pas abouti à un résultat concret, d’où la nécessité de lancer une initiative populaire fédérale qui veut inscrire ce sujet sous la forme d’une phrase courte et claire à l’article 104, alinéa 3, lettre b, de la Constitution fédérale: la Confédération «veille en particulier à ce que les détenteurs de vaches, de taureaux reproducteurs, de chèvres et de boucs reproducteurs soient soutenus financièrement tant que les animaux adultes portent leurs cornes.»

Un contre-projet a même été élaboré qui prévoyait de lier le soutien des agriculteurs qui n’écornent pas leurs vaches aux dispositions de la loi fédérale sur l’agriculture relatives au bien-être des animaux. Cela aurait permis de verser 190 fr. par animal et par année aux agriculteurs qui n’écornent pas leurs vaches et respectent les dispositions de la stabulation particulièrement respectueuse des animaux (SST) et de sorties régulières en plein air (SRPA).

Le financement des vaches et chèvres ayant leurs cornes se serait donc fait par le budget de la politique agricole de la Confédération. Ce contre-projet n’a malheureusement pas abouti, c’est la raison pour laquelle nous voterons ce 25 novembre.

Pas sur un pied d'égalité

Ce financement sert à améliorer le revenu des paysans gardant des bêtes avec leurs cornes par rapport à ceux qui les écornent, car en pouvant détenir plus d’animaux dans le même espace, ces derniers peuvent produire plus de lait et donc avoir un meilleur revenu que les premiers.

L’idéal serait évidemment que les agriculteurs gagnent suffisamment bien leur vie par la vente de leurs produits, ce qui rendrait les paiements directs et les subventions superflus. Les paiements directs pour des prestations écologiques requises sont financés par nos impôts.

Le juste prix payé aux agriculteurs pour le fruit de leur travail est financé par l’économie privée, en l’occurrence l’industrie alimentaire et la grande distribution. Ce ne sont pas les mêmes circuits économiques et chercher à les interconnecter n’est pas le but de l’initiative «pour les vaches à cornes». Son objectif est d’encourager le respect de la dignité de l’animal.

Créé: 07.11.2018, 16h43

Tamara Fretz, comportementaliste, membre du comité de l’initiative «vaches à cornes».

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