Passer au contenu principal

Les enfants doivent pouvoir compter sur nous!

Françoise Piron soutient le renforcement de la norme antihomophobie, sur lequel nous votons le 9 février.

Le 9 février prochain, nous nous prononcerons sur un texte de loi ayant pour objectif de renforcer la protection contre les discriminations basées sur l’orientation sexuelle. En tant que spécialiste des questions d’égalité, je suis régulièrement amenée à conseiller et sensibiliser à la manière de prévenir et de se protéger contre toute forme de discrimination. Dans ce cadre, il m’arrive également d’intervenir auprès de groupes d’enfants. Ces dernières et derniers s’expriment sur leurs préoccupations quotidiennes, en cours, à la récréation comme sur le chemin de l’école.

En partagent leurs conceptions du vivre-ensemble mais aussi du respect entre filles et garçons, ces jeunes énumèrent quelques exemples de discriminations auxquelles ils et elles sont confronté·e·s dans leur vie courante. Il s’agit de remarques plus ou moins blessantes sur leur look, leur personnalité ou même vis-à-vis de leurs résultats scolaires.

«Comment vont-ils gérer ces attaques dans un futur proche, pendant la période si fragile et sensible de leur adolescence?»

Les enfants ne sont pas tendres entre eux, on le sait bien! Néanmoins, les allusions vis-à-vis de l’orientation sexuelle interpellent et dérangent tout particulièrement. Il est impressionnant de les écouter parler si naturellement d’attirance sexuelle, de bisexualité ou encore d’homosexualité, en faisant preuve d’autant d’ouverture dans leurs propos. Cela nous force à réfléchir sur notre propre attitude envers l’autre. Il est en revanche glaçant d’entendre ces enfants faire part de certaines expériences vécues, en prononçant des phrases telles que: «Je me fais régulièrement traiter de monstre.»

À la question de savoir comment réagir, ignorer paraît selon elles et eux la meilleure des tactiques à adopter. Est-ce suffisant pour supporter ces remarques à répétition? Comment vont-ils gérer ces attaques dans un futur proche, pendant la période si fragile et sensible de leur adolescence, par exemple? Nous pourrions légitimement craindre pour leur avenir, alors que ces jeunes revendiquent simplement le droit de vivre et d’être eux-mêmes. Quel est notre rôle?

Délivrer un message clair

Ainsi témoin de tant d’ouverture d’esprit et de dialogue de la part de ces enfants, j’ai à cœur de leur montrer que notre société les soutient. La question n’est pas tant de savoir si effectivement la loi actuelle est suffisante et que le complément proposé est judicieux, mais de délivrer un message clair et fort à cette nouvelle génération: «Faites-nous confiance, nous allons vous protéger! Entendez que la société est prête à garantir protection et dignité aux futurs adultes que vous serez, et ceci quelles que soient vos orientations et identités.»

À l’heure où nos enfants nous demandent de nous engager concrètement et urgemment pour un monde meilleur, un refus de notre part serait tout simplement incompréhensible. Je vous invite à y réfléchir en glissant votre bulletin dans l’urne le 9 février.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.