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Éoliennes: un jugement juridique ou politique?

Bertrand Clot regrette les récents arrêts du Tribunal cantonal favorables à deux parcs éoliens vaudois.

Dernièrement, la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP) a rendu deux arrêts concernant les parcs éoliens d’EolJorat Sud et de Sur Grati («24 heures» du 2 novembre). Les recours déposés par les opposants ont donc été rejetés à l’aune de la nouvelle Stratégie 2050 de la Confédération acceptée en vote populaire par les Vaudois, acceptation postérieure au dépôt des recours.

«Les recours déposés par les opposants ont été rejetés à l’aune de la nouvelle Stratégie 2050 de la Confédération»

Pour ce qui concerne EolJorat Sud, c’est bien cette Stratégie 2050 qui a prévalu dans la décision de la CDAP, rendant en cela un arrêt plus politique que juridique. Certes, les arguments des opposants, notamment sur les rendements inférieurs de 30% aux promesses faites par les promoteurs, ont été reconnus par le tribunal, mais ces remarques n’ont pas pesé lourd face au trend actuel.

Dans son arrêt, la CDAP a également reconnu, je cite: «Il est indéniable que la construction des huit éoliennes dont les pales pourraient atteindre la hauteur de 210 m, dans une région qui surplombe l’agglomération lausannoise, le Gros-de-Vaud et la région de la Haute-Broye, aurait un impact massif sur le paysage – avant tout de jour, mais également de nuit, notamment à cause des lumières au bout des pales» (page 54 CDAP).

Parmi les autres éléments considérés par la Cour, l’impact sonore devra encore être examiné au stade du permis de construire une fois choisi le type d’éoliennes à installer. On peut regretter également que la problématique des infrasons n’ait pas fait l’objet d’une étude spécifique, considérant qu’ils étaient inaudibles, donc pas spécifiquement nocifs pour les êtres humains.

Si ce jugement laisse un goût amer aux opposants, il préfigure également que la destruction du paysage et le saccage de l’environnement de l’arrière-pays vaudois au profit d’une stratégie confédérale ne pèsent pas lourd face à l’industrialisation largement subventionnée de l’éolien. Cette précipitation politique à l’acceptation d’un ersatz de rendement énergétique éolien est difficilement compréhensible et ce, en multipliant les parcs uniquement sur des promesses de rendement largement surévaluées. Le tribunal ne vient-il pas de l’admettre dans son arrêt d’EolJorat Sud?

Les multiples énergies renouvelables que nous avons à disposition (hydraulique, photovoltaïque, thermique, biomasse, etc.) méritent d’être développées et soutenues de manière analogue à l’éolien.

Le photovoltaïque, entre autres, offre des rendements nettement plus intéressants à moyen terme et ce, sans dénaturer l’environnement. Avec cette énergie propre, la flore la faune et l’avifaune sont totalement épargnées; de surcroît, on évite tout conflit social dans et entre les communautés villageoises, communales et intercommunales de l’arrière-pays. Ce sont des arguments de bon sens, les décisions juridiques ne s’embarrassent pas de telles considérations. C’est regrettable.

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