Les extrémistes de la cause animale vont trop loin

La rédaction La rédactionPatrick Monay revient sur l'interdiction de plonger son homard vivant dans l'eau bouillante.

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Mesdames et messieurs les gastronomes, plus question d’ébouillanter votre homard vivant avant de le déguster. À compter du 1er mars, il vous faudra l’assommer au préalable. Dans l’ordonnance qu’il a édictée mercredi, le Conseil fédéral a même défini les techniques d’étourdissement admises: l’électricité ou «la destruction mécanique du cerveau». Vous ne voyez pas comment vous y prendre? Ce n’est pas très important, car vous aurez sans doute de la peine à acheter le noble crustacé marin: les contraintes imposées aux poissonneries sont désormais telles que beaucoup renonceront à en vendre. Le bon gros homard qui agite ses pinces sur un étalage couvert de glace, c’est bientôt fini.

L’affaire a eu un large écho dans la presse internationale. Elle prêterait à sourire si elle ne s’inscrivait pas, en Suisse, dans un contexte de plus en plus malsain. Depuis des mois, les activistes de la cause animale sont partout. Ils s’évertuent à choquer l’opinion publique, à influencer les politiques, à diffuser les thèses antispécistes les plus extrêmes. Cette semaine, ils se sont signalés en demandant à l’aquarium-vivarium de Lausanne de retirer le poisson de la carte de son restaurant. Ils manifesteront aussi contre le Salon de l’agriculture organisé à Beaulieu-Lausanne, coupable de montrer des vaches dont la viande finit dans nos assiettes.

On est bien loin de l’époque où Franz Weber volait au secours des bébés phoques traqués par les chasseurs canadiens. Les militants d’aujourd’hui ne se contentent plus de marteler des slogans comme «Nue plutôt qu’en fourrure» ou de sensibiliser le grand public à la surpêche qui détruit les écosystèmes. Ils s’attaquent aux paysans, aux abattoirs, aux citoyens carnivores. Ils diabolisent tout ce qui touche de près ou de loin, selon eux, à la dignité des bêtes. À commencer par le fait de les manger.

Si certains combats méritent d’être menés, ils doivent se dérouler sur le terrain démocratique. C’est la voie choisie, à Bâle-Ville, par des opposants à l’expérimentation sur les animaux. Ils ont fait aboutir l’an dernier une initiative demandant que les droits fondamentaux des primates soient reconnus dans la Constitution cantonale. De même, quand la Protection suisse des animaux dénonce des irrégularités dans les animaleries, ou quand une association dépose une plainte contre un éleveur hors-la-loi, elles effectuent un travail de surveillance louable.

En revanche, quand les chantres du véganisme se mettent en tête de faire culpabiliser les consommateurs et de leur imposer par tous les moyens leur propre mode de vie, cela va trop loin. Chacun respecte le choix de ceux qui suppriment la viande ou d’autres denrées issues des animaux de leur alimentation. À eux d’en faire de même. Mesdames et messieurs les antispécistes, laissez vivre celles et ceux qui ne pensent et ne mangent pas comme vous. (24 heures)

Créé: 11.01.2018, 17h15

Patrick Monay rubrique Suisse

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