Les «fake news» sur le virus infectent le grand public

La rédactionPatrick Monay déplore la propagation inconsidérée des rumeurs.

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Vous aussi, vous en avez marre des «fake news» autour du coronavirus? À croire que le confinement plus ou moins strict imposé par les autorités dope l’imagination – et la bêtise – de certains citoyens. Ainsi, un père de famille valaisan n’a pas hésité à annoncer sur les réseaux sociaux qu’il avait reçu une amende de 1000 francs pour s’être promené avec sa femme et ses enfants. Il a lui-même démenti quelques heures plus tard, en tentant d’expliquer qu’il avait voulu faire prendre conscience aux gens de ce qu’ils risquaient en enfreignant les règles.

L’autre jour, j’ai aussi reçu, comme des milliers de Suisses, un fichier audio d’une dame qui disait rapporter les propos d’une amie, médecin au CHUV. À l’en croire, les patients s’entassaient déjà dans les couloirs et la panique gagnait tout l’hôpital. Son message, là encore, se voulait préventif: il faut que tout le monde respecte les consignes de sécurité. Reste que la direction de l’hôpital a dû clarifier les choses. Les professionnels de la santé turbinent comme jamais, mais ils gardent le contrôle de la situation.


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Il y a eu plus inquiétant cette semaine, avec la vidéo devenue virale d’un pseudo-lanceur d’alerte français. Cet énergumène a cru bon d’affirmer, sur la base d’un obscur brevet européen, que le Covid-19 qui terrorise la planète avait été créé en 2004 déjà par le célèbre Institut Pasteur. Et que celui-ci avait développé un antidote qu’il allait s’empresser de vendre aux gouvernements. Au profit de qui? «De ceux qui ont de la thune, bien sûr», clamait l’individu en question. La rumeur complotiste a galopé pendant des heures via WhatsApp et d’autres canaux instantanés. Le monde scientifique a été contraint d’apporter un vigoureux démenti en démontrant que le brevet déposé à l’époque sur le code génétique d’un virus n’avait rien à voir avec la pandémie actuelle. Pas sûr, cependant, que tous ceux qui ont mordu à l’hameçon aient vu passer la mise au point officielle… Pour beaucoup, le mal est fait.

Cette tendance à lancer de fausses nouvelles dans la galaxie numérique est consternante. Mais le plus désolant, et le plus dangereux, c’est le fait de les propager sans avoir la moindre idée de leur origine. Sans se poser la question de l’authenticité des faits avancés. Le réflexe se résume ainsi: ça m’a l’air plausible, étonnant, voire rigolo, donc je transmets plus loin. Un comportement non seulement naïf, mais irresponsable.

Par contraste, permettez-moi de saluer l’immense travail qu’effectuent mes collègues et confrères journalistes en cette période difficile. Alors que les nouvelles, les chiffres et les rumeurs pleuvent sans discontinuer, les médias gardent le cap d’une information sérieuse et vérifiée. Même confinés à domicile, nous mettons tout en œuvre pour répondre aux nombreuses questions que vous vous posez, tout en relayant les messages officiels indispensables. Cette mission relève plus que jamais d’un service public, à mille lieues du sabotage auquel se livrent les agitateurs du web. Puisse cette différence s’imprimer durablement dans les esprits.

Créé: 20.03.2020, 06h46

Patrick Monay, chef de la rubrique Suisse.

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