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Il faut mieux promouvoir les échanges linguistiques

Seuls 2% des élèves de l’école obligatoire et des filières de formation générale de niveau secondaire II ont déjà participé à un échange linguistique. En lisant cette statistique étonnante dans les colonnes du «Temps» la semaine passée, je me suis dit que mon fils aîné avait de la chance. Au mois d’août dernier, pendant que ses copains profitaient de leurs dernières semaines de vacances, il s’est retrouvé sur les bancs d’une école près de Francfort, où les cours venaient de reprendre.

Quinze jours pour s’immerger dans un environnement inconnu, prendre ses marques dans une nouvelle famille et tenter de pratiquer l’allemand là où tout le monde le parle pour de vrai. Pas facile quand on a à peine 14 ans. Le grand départ lui faisait peur, les débuts furent pénibles, mais il a fini par s’y faire. Et même à y prendre du plaisir. Six mois plus tard, sa photo de profil WhatsApp est toujours un souvenir de sa visite à Francfort.

Pourquoi si peu de jeunes saisissent-ils une telle opportunité? Pays du plurilinguisme par excellence, la Suisse n’encourage-t-elle pas suffisamment sa population à tenter l’aventure? Le Conseil fédéral s’est attaqué à ces questions délicates dans un rapport rendu fin 2018, pour donner suite à un postulat adopté par le parlement en… 2014 déjà. En résumé, on y apprend que tout est en place pour favoriser les échanges scolaires. Inscription noir sur blanc dans la loi sur les langues, soutien financier accru de la part de la Confédération, stratégie adoptée par deux départements pour faciliter la coopération entre tous les acteurs concernés… Par ailleurs, la Conférence des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP) a émis des recommandations claires et plusieurs cantons développent des projets spécifiques.

Les directions d’école, les enseignants et les parents doivent jouer le rôle de relais

Ces efforts ne commencent que timidement à porter leurs fruits. Pour sa première année d’activité, Movetia, l’agence nationale pour la promotion des échanges et de la mobilité, a permis à 6200 élèves de participer à un séjour linguistique en 2017. Insuffisant aux yeux du Conseil fédéral, qui souhaite un «renforcement quantitatif et qualitatif de l’offre».

Encore faut-il que ces possibilités d’échanges soient connues et valorisées. Dans son récent rapport, le gouvernement regrette un déficit d’information auprès du public visé. Il émet le vœu «que des témoignages fiables sur l’impact positif» de telles expériences soient diffusés. Pour cela, les directions d’école, les enseignants et les parents doivent jouer le rôle de relais. C’est la clé pour donner envie aux jeunes de se lancer.

Jonas, le correspondant allemand que le hasard a mis sur la route de notre fils, est venu à son tour passer deux semaines chez nous cet hiver. Histoire d’améliorer son français et de découvrir la Suisse. Bien sûr, tout n’est pas parfait dans un échange linguistique. La communication requiert des efforts de la part du participant et de toute la famille hôte. Mais les résultats valent largement mieux que cette misérable moyenne de 2%.

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