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Femmes, restons vigilantes en matière d’avortement!

Jessica Jaccoud rappelle la nécessité de défendre le droit des femmes à disposer librement de leur corps.

En mars 2001, notre parlement fédéral a adopté le régime actuel du délai. Celui-ci permet aux femmes enceintes de décider librement d’interrompre leur grossesse jusqu’à la 12e semaine. Au vote final, malgré l’opposition farouche du PDC et de l’UDC, la modification du Code pénal a été adoptée par une majorité de parlementaires.

Cette loi a été combattue par un référendum mené, entre autres, par le PDC. À l’issue du vote, 72,2% des citoyen·ne·s ont confirmé le vote du parlement tendant à la légalisation de l’avortement.

Le même jour, les citoyen·ne·s ont rejeté à 81,8% une initiative populaire dite «pour la mère et l’enfant» qui entendait limiter l’interruption de grossesse aux seuls cas où la vie de la mère serait gravement mise en danger.

«Défendre les droits acquis par les femmes à disposer librement de leur corps»

Net rejet donc d’un texte qui ressemble pourtant furieusement à celui que les autorités de l’Alabama, aux États-Unis, viennent de promulguer. En effet, dans cet État, les interruptions volontaires de grossesse seront interdites, sauf si la mère court un danger mortel. Les femmes d’Alabama devront donc, à l’avenir, troquer des soins dispensés par des médecins, dans des conditions d’hygiène adaptées, contre des interventions clandestines opérées par des faiseuses d’anges aux méthodes dangereuses.

Dans ce contexte, est-ce que les droits acquis en Suisse sont solides?

Souvenez-vous qu’en 2014 des organisations «pro-vie» avaient fait aboutir une initiative intitulée «Financer l’avortement est une affaire privée». Cette campagne nauséabonde, largement soutenue par l’UDC, avait fait planer le spectre d’un cruel retour en arrière. Heureusement, 70% des citoyen·ne·s ont rejeté ce texte, confirmant la loi actuelle.

Ce qu’il est également intéressant de constater, c’est que depuis l’adoption en Suisse du régime du délai, le nombre d’interruptions de grossesse n’a cessé de diminuer, passant de 10 959 actes en 2004 à 10 015 en 2017. Pourtant, pendant la même période, la population a augmenté de près de 1 million d’habitants.

Responsabilité et prévention

Nous pouvons donc en conclure que la mise en place d’un régime respectant les droits des femmes en les responsabilisant dans leur choix, associé à des programmes de prévention, notamment par les centres de santé sexuelle, permet de diminuer de manière importante le nombre d’interruptions de grossesse, tout en préservant leur santé et leur vie.

Dans un peu moins de cinq mois, les citoyen·ne·s seront amenés à renouveler leur parlement. De nombreux critères interviendront dans leur esprit au moment de leur choix pour tel ou tel parti. Je souhaite que l’un de ceux-ci soit la position de chaque faction politique sur la question de l’avortement. Interrogez vos candidat·e·s sur cette question! Pour ma part, et pour le Parti socialiste, soyez assurés que nous continuerons à défendre, sans condition, les droits acquis par les femmes à disposer librement de leur corps. L’avortement est un droit, et il le restera.

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