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La Fête des trois compositeurs rime avec bonheur

Je ne connais rien à la musique, et c’est irrémédiable. À l’école, on a essayé de me faire chanter quelques mélodies pourtant faciles, je n’y arrivais pas. Quand il s’agissait, en face du professeur de musique du collège, Monsieur Jomini, homme élégant et assez aimable qui racontait de jolies histoires et ça j’aimais, j’étais incapable de différencier un sol d’un fa. Cela ne s’est pas arrangé. J’en profite ici pour saluer Jean-Jacques, un ami de jeunesse, qui essaya de m’enseigner la guitare folk dans les années 70. En es-tu remis, cher Jean-Jacques?

Donc, chanter, jouer d’un instrument, lire une partition, non, non et non. Par contre, j’aime écouter, entendre chanter, des solistes, des chœurs, et je suis très admiratif des femmes et des hommes qui sont capables, en plus, de composer. En 1999, j’avais rencontré plusieurs fois les compositeurs de la musique de la Fête des Vignerons, des gens très sympas, Jean-François Bovard (décédé en 2003), Michel Hostettler et Jost Meier. Ils avaient essayé quelque chose, qui je crois avait plu à certains spécialistes, mais globalement leur musique n’avait pas convenu à grand monde. Les pauvres étaient bien malheureux de n’être pas encensés durant toute la célébration à travers leurs mélodies difficiles.

Pour les trois compositeurs de cette Fête 2019, c’est tout le contraire. Ils sont aimés sans réserve par le public qui quitte l’arène, Vevey, le canton de Vaud, la Suisse, l’Europe, en fredonnant les airs entendus sur la Grande Place. Ils jouaient gros. Et quand on est trois, où que ce soit, il n’est pas simple de trouver une réelle harmonie.

Je les ai croisés avant-hier dans l’arène. Maria Bonzanigo, Jérôme Berney et Valentin Villard. Leur bonheur, leur sérénité font plaisir à voir. «Je suis très heureuse. Et nos techniciens du son ont fait, je le dis, un superbe travail. Je suis même déçue en bien…» dit Maria Bonzanigo en rappelant qu’elle ne lâche pas cette expression par hasard, puisqu’elle est vaudoise. «Vous savez, le lieu où on passe son enfance influence et forme forcément!» Jérôme Berney, attentif à l’écoute de sa collègue: «On continue de progresser, de mûrir, chaque jour est meilleur. Tout le monde a intériorisé les aspects techniques un peu difficiles au début. Je sens une souplesse, une confiance, donc de la fluidité et davantage de musique. Cette Fête va au-delà de ce que j’imaginais il y a deux ou trois ans. Tous les trois, avec nos spécificités, nous avons réussi à créer un élan commun, j’en suis fier et heureux. Les gens aiment la musique, les musiques se retiennent, se baladent, on sent qu’elles vont continuer à vivre. Un bonheur, oui!»

Valentin Villard: «Je suis satisfait, très heureux. Longtemps, ça a été notre Fête, notre manière de participer à sa création, mais maintenant ce n’est plus la nôtre, elle est aux figurants, aux Veveysans. Il y a des forces, de l’énergie, de la joie, plein de choses qui bougent et font que cette Fête appartient à tous. Elle a changé notre vie à nous trois, je pense. Pour moi, en tout cas. Cet immense chantier ouvre des nouvelles possibilités, il me donne des clés pour continuer dans mon travail de compositeur indépendant. Et il a fallu accepter de faire partie d’une popularité. Pour moi cela a nécessité un travail long et fastidieux, je n’étais pas préparé à cela. Cette fête m’a permis de m’ouvrir, d’atténuer ma peur, j’ai beaucoup avancé et j’en suis heureux.»

Jérôme va dans le même sens: «D’un point de vue professionnel, musical, j’ai le sentiment d’avoir appris beaucoup de choses. En musique, en expérimentant de nouvelles techniques, et en m’ouvrant aux autres arts. J’ai appris un nouveau métier, me semble-t-il, en lien avec le spectacle.»

Maria la Vaudoise confirme: «Nous avons appris à nous supporter et nous voilà amis. J’espère que je ne serai pas trop nostalgique. Ce qui me marque, c’est l’impressionnante capacité des figurants, des chœurs, à tenir le coup, à progresser encore. J’ai déjà travaillé avec beaucoup de figurants dans des olympiades, mais là c’est différent. Il y a cette chaleur humaine, une faculté de tenir la longueur. Je suis admirative. Tout cela me forme encore, comme à chaque expérience.»

Les spectateurs, les figurants les arrêtent. Selfies, photos, autographes. Moi aussi, je les admire, mais entre le sol et le fa, je n’y arrive toujours pas.

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