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Pour en finir avec le dogme climatosceptique

Alain Frei combat la désinformation en matière de changement climatique.

Dans les médias paraissent régulièrement des contributions climatosceptiques. Ces textes ne concourent aucunement à se forger une opinion rationnelle et participent d’une campagne de désinformation visant à déclencher une controverse cassant le vrai débat.

À l’égard de ces tentatives, gardons notre esprit critique. S’inspirer de la pensée du philosophe des sciences Karl Popper (1902-1994) est particulièrement éclairant pour se positionner face aux contre-vérités. Si l’on présuppose que l’opinion d’un climatosceptique vaut celle des nombreux scientifiques du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), on est en plein relativisme préconisant le «à chacun sa vérité». Le relativisme nourrit l’intolérance, le combat plutôt que le débat, ce qu’illustrent les désaccords autour de la problématique climatique et écologique.

Car si deux attitudes diamétralement opposées sur un sujet vital pour le vivre-ensemble prétendent chacune détenir une vérité et qu’elles sont inconciliables, le conflit est assuré, stérile. Relativiser débouche sur deux pôles incompatibles avec la recherche de vérité: le scepticisme ou le dogmatisme. Le premier revient à douter ou faire douter de tout et son contraire; c’est ce que certains cherchent à induire, parfois de bonne foi, le plus souvent cyniquement, par intérêt ou par idéologie. Le dogmatisme s’enferre dans la prétention rigide à défendre une vérité née d’une croyance sans base rationnelle, prétendument non contestable.

L’«exploit» climatosceptique, c’est de réunir les deux pôles, d’ériger le scepticisme en dogme.

«Nous n’avons pas le choix, nous devons tenir compte de l’urgence»

La science solide et honnête teste une théorie qui, si elle se vérifie expérimentalement, ne démontre pas qu’elle est vraie définitivement, mais qu’elle l’est tant qu’elle n’a pas été réfutée par une autre étude solide. Or la science, en l’occurrence climatologique, est ontologiquement dans l’impossibilité de prouver la vérité du réchauffement anthropique mais, ayant jusqu’à maintenant résisté à toutes les réfutations, elle peut prétendre s’en être approchée au plus près. L’incertitude est presque nulle.

Une théorie ne peut pas être définitivement vraie, mais elle peut être définitivement fausse. Aucune étude scientifique sérieuse n’a pu démontrer à ce jour la fausseté de la théorie anthropique du réchauffement climatique planétaire en cours. Nous n’avons donc pas le choix, nous devons tenir compte de l’urgence, agir et modifier nos comportements…

Alors, comment se débarrasser de ces «fake vérités»? Pour les médias classiques, presse écrite et radio-TV, c’est en principe simple: ne pas s’en faire l’écho. Mais il peut être très difficile de distinguer le faux du vrai et c’est pourquoi les rédactions doivent s’adjoindre un conseil scientifique sûr, sans conflits d’intérêts et ne plus publier de fausses vérités. La liberté d’opinion est à ce prix. Reste le danger désespérant des diffusions virales sur internet…

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