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Gérer ses conflits en temps de confinement

Pascal Gemperli signale que la technologie permet de continuer à profiter des bienfaits de la médiation.

Avec le confinement, les médiateurs vivent une diminution importante de leur activité professionnelle; la quasi-totalité des procédures de médiations sont en suspens. Les tribunaux, fermés au public, ne délèguent plus de médiations aux spécialistes assermentés. Mais quid des litiges et des parties en conflit? La Suisse vivrait-elle une trêve générale ordonnée par le coronavirus?

Les conflits qui étaient en cours avant le confinement, par exemple avec son collègue de travail ou avec son ex concernant la garde des enfants, sont refoulés mais pas résolus. En outre, plus ces nouvelles circonstances durent, plus elles généreront de nouveaux différends. On pense aux relations familiales qui souffrent de la promiscuité, aux désaccords autour des nouvelles formes de travail ou encore à la nouvelle proximité au niveau du voisinage.

On s’attend à une augmentation des procédures dès la réouverture des tribunaux. Mais pour ceux qui préfèrent tenter, dès maintenant, une approche plus rapide, moins coûteuse et plus agréable, la médiation reste une alternative officielle à la voie judiciaire. Une fois un accord trouvé, le médiateur transmettra la convention au juge pour homologation, elle prendra donc valeur d’un jugement.

Mais peut-on encore procéder à une médiation au vu des restrictions sanitaires en place? La Fédération des médiateurs (FSM) informe «qu’il est en principe (encore) possible d’effectuer des médiations», tout en rappelant que «dans tous les cas, la santé prime». En réalité, plus personne ne pense à conduire des séances de médiation en présentiel dans la situation actuelle.

«La médiation par vidéoconférence peut être avantageuse»

La médiation en ligne serait-elle alors une alternative acceptable? Voici quelques réflexions sur la base des premières expériences. La médiation par vidéoconférence peut être avantageuse au vu de certaines nouvelles opportunités technologiques comme l’attribution, ou non, de la parole (du micro), la corédaction des accords ou encore la liberté géographique, donc un gain de temps et un choix plus large parmi les médiateurs disponibles.

Quant à la qualité de la communication, fondamentale en médiation, ce qu’on appelle la quatrième partie, à savoir la technologie, est un facteur limitant. Il est cependant secondaire en cas de négociation par navette, donc sans aucune interaction directe des parties; pour les interventions de type évaluatif, avec un rôle consultatif du facilitateur concernant les possibilités d’arrangement; ou encore pour des médiations distributives, cherchant donc une distribution rapide et juste des biens en jeu.

Quant aux médiations transformatives, qui cherchent le renforcement des parties et la reconnaissance mutuelle des besoins et des émotions, l’intermédiaire de l’écran est plus problématique. Mais vu le caractère volontaire de la médiation et la possibilité de l’interrompre à tout moment, la tentative de freiner un affrontement et d’éviter une escalade reste néanmoins pertinente.

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