Le glyphosate vous inquiète? Consommons suisse!

L'invitéLuc Thomas dit comment ce produit est utilisé par l'agriculture locale.

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Et si la Suisse décidait de bannir le glyphosate de ses produits autorisés? Des voix se sont fait entendre ces derniers mois pour demander au Conseil fédéral de prendre les devants, sans attendre la décision de l’Union européenne – qui a finalement reconduit l’autorisation pour cinq ans. Mais loin d’assurer une meilleure protection du consommateur helvétique, un tel choix unilatéral aurait pour effet d’accroître notre dépendance aux importations, avec pour corollaire l’exposition des individus à un risque accru d’ingurgiter des denrées alimentaires contenant des résidus de cette molécule indésirable dans nos assiettes.

Il faut en effet rappeler que l’agriculture suisse utilise cette substance de manière ciblée et bien plus restreinte que partout ailleurs sur la planète. D’abord, nous ne cultivons pas de plantes OGM, qui exigent souvent un recours massif au glyphosate. En Suisse, celui-ci n’est par ailleurs appliqué qu’en tant qu’herbicide préalablement à la mise en place d’une nouvelle culture. À la différence de ce qui se pratique en Europe et au-delà, il ne peut donc pas être épandu comme accélérateur de maturation avant la récolte.

Il en résulte que les produits alimentaires élaborés à partir de matière premières agricoles indigènes ne contiennent pas de résidus de cette substance, ainsi que l’ont confirmé les analyses officielles de la Confédération, tout comme celles que Prométerre a pris l’initiative de diligenter l’été dernier.

Le glyphosate est au cœur d’une controverse depuis la publication, en 2015, d’une étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) classant cette substance comme «cancérogène probable». Même si cette conclusion ne fait pas l’unanimité dans la communauté scientifique, d’où émanent des critiques jugeant l’approche de l’OMS non pertinente car pas suffisamment orientée sur l’évaluation des risques effectifs, elle n’en a pas moins pour effet de semer le doute dans les esprits, y compris de ceux qui ont la responsabilité politique de statuer sur la poursuite de la commercialisation de ce produit.

Le refus de notre gouvernement de proscrire le glyphosate a été accueilli avec soulagement par l’agriculture, qu’une interdiction aurait lourdement et injustement pénalisée.

En l’état actuel des connaissances et de la technique, une renonciation complète à son usage poserait un sérieux problème à l’agriculture, car il n’existe pas de véritables produits de substitution ou, s’il s’en trouve, ils demeurent moins efficaces et posent davantage de problèmes en termes d’impact sur l’environnement. Il s’agirait alors de mettre en œuvre de nouvelles stratégies de lutte contre les mauvaises herbes – mécanique notamment –, avec pour conséquence des coûts de production supplémentaires, de plus faibles rendements ou le cumul des deux. Cela induirait une diminution de la production indigène, et donc une augmentation correspondante des importations dont les produits, comme déjà mentionné ici, contiennent des traces de glyphosate, contrairement aux fabrications composées de matières premières suisses. (24 heures)

Créé: 19.12.2017, 11h10

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