Hausse de l’âge de la retraite: l’échéance se précise
L'invitéRené Knüsel croit aux solutions flexibles, pas aux choix unilatéraux.
L’idée est dans l’air du temps. Les générations qui vont entrer à la retraite ces prochaines années le feront plus tard qu’aujourd’hui. Coup sur coup deux informations indiquent que l’imminence de ce changement se rapproche.
L’OCDE, tout d’abord, recommande que la Suisse nivelle l’âge de la retraite à 65 ans, puis le fixe progressivement à 67 ans pour ensuite introduire un mécanisme automatique d’ajustement de l’âge en fonction de l’espérance de vie, comme cela se pratique dans certains États du nord de l’Europe. Ce ne sont que des recommandations, mais la Suisse ne pourra certainement pas continuer à faire cavalier seul dans ce domaine. Les partis qui fustigent la perte de l’indépendance de la Suisse face à l’étranger ne trouveront paradoxalement rien à redire à cette évolution calquée sur les pays environnants.
Les relais existent en effet en Suisse. Pour preuve, la jeunesse PLR qui vient de lancer une initiative populaire pour le relèvement de l’âge de la retraite à 66 ans. Le détail de la mise en œuvre importe peu ici. Cette initiative, intitulée «pour une prévoyance vieillesse sûre et pérenne», vise avant tout à stabiliser l’assise financière de l’AVS.
Les enjeux sont nombreux et entrecroisés. Il n’est en effet pas sans importance que ce soient les jeunesses d’un parti qui lancent ce projet. L’AVS repose en effet sur la solidarité intergénérationnelle. Les cotisations actuelles bénéficient aux générations les plus âgées qui, jeunes, avaient soutenu leurs aînés.
La question de la solidarité se pose également. À l’origine, il s’agissait de permettre aux personnes âgées de finir leur existence de façon digne, à savoir ne pas avoir à assumer un emploi rémunérateur jusqu’aux derniers jours de leur vie. Depuis, cette assurance sociale a évolué et offre au retraité une nouvelle phase d’existence qui, en s’allongeant, représente environ un cinquième du parcours de vie.
«Élever unilatéralement l’âge de la retraite est un déni de solidarité pour ceux qui subissent des inégalités tout au long de leur vie»
Cette évolution est jugée socialement inconvenante, voire indécente, car trop chère pour notre collectivité. La prévoyance vieillesse incomberait à chacun. Mais vouloir élever unilatéralement l’âge de la retraite est un déni de solidarité pour ceux qui subissent des inégalités tout au long de leur vie.
Fixer à la hausse l’âge de la retraite fera aussi subir encore plus lourdement aux rejetés de l’emploi le poids de leur situation. Cette solution fait enfin fi de l’engagement social des aînés dans tous les secteurs du quotidien, comme grands-parents, bénévoles, mais aussi travailleurs.
Réfléchir à une solution flexible dans laquelle chacun trouve le moyen de vivre cette dernière étape de l’existence dans la dignité est l’unique voie raisonnable et surtout financièrement supportable pour notre société. Tout le reste n’est qu’idéologie stérile!
Créé: 12.11.2019, 06h47
René Knüsel, politologue.
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