Hommes et femmes, une égalité sacrée

L'invitéEmanuele Alfani, théologien.

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Les récents scandales concernant les agressions sexuelles à Hollywood ont mis encore une fois en évidence que le sexisme est un phénomène largement répandu à l’échelle mondiale. Depuis des siècles, des inégalités liées au sexe avilissent les femmes dans leur dignité, les reléguant souvent à un statut social globalement secondaire. Cette discrimination se nourrit de stéréotypes de genre et de superstitions, qui plongent l’humanité dans les bas-fonds de l’ignorance et de la sauvagerie.

Au cours de l’histoire, ce sont les religions, issues des cultures patriarcales, qui ont fortement contribué au machisme qui sévit à tous les niveaux de la société. Un florilège de textes sacrés atteste d’une méfiance et d’un mépris certain à l’égard des femmes, stigmatisées parfois comme des êtres impurs et diaboliques. Obéir, se taire et servir aura été longtemps leur vocation.

«Le temps est venu de tordre le cou à toutes ces traditions obsolètes»

Par ailleurs, au-delà des discours officiels, encore aujourd’hui, sauf pour les mouvements issus de la Réforme, le monopole du pouvoir religieux appartient aux hommes, ainsi que l’accès au sacré et aux charges rituelles. Le temps est venu de tordre le cou à toutes ces traditions paralysantes et obsolètes, à ces croyances ancestrales et à ces préjugés, qui composent le terreau des inégalités sociales envers les femmes.

En effet, à l’aune des nouvelles méthodes d’interprétation scientifiques des textes sacrés, il apparaît clairement que ces documents ne sont que «l’interprétation» de la Parole de Dieu, profondément conditionnés par le contexte culturel, social et politique de l’époque. Une lecture «à la lettre» des Écritures risque par conséquent de déformer le message originaire et de ne transmettre finalement que la pensée des hommes.

Aussi, le patriarcat, qui a participé à la marginalisation des femmes au cours des siècles, se révèle aujourd’hui ne pas constituer la seule et unique forme d’organisation sociale et juridique de l’histoire de l’humanité.

Le Dieu «père» n’est pas inéluctable et le culte des déesses a bel et bien existé dans les polythéismes antiques. Dès lors, aucune loi naturelle et aucun ordre divin ne peuvent prétendre légitimer la ségrégation et l’oppression des femmes dans le monde. Ontologiquement, dans leur nature intime et plus profonde, tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit.

«Je te tiens près de moi et te laisse pour être libre, parce que je suis en toi, et tu es en moi»

Il est urgent pour notre société, dite évoluée et du progrès, de s’extraire des méandres de l’obscurantisme du passé et d’offrir à l’histoire la lumière d’une égalité de genre qui appartient à la raison et au sacré. Car au niveau spirituel, il n’y a ni homme ni femme et seul l’être intérieur compte. L’âme du monde n’a pas de sexe ou de religion, et les êtres humains parcourent le chemin qui mène à la réunion avec la Source, à titre égal. La voie mystique de l’union du yin et du yang, de l’esprit et de la matière, du masculin et du féminin, chante la noblesse d’une humanité indivisible, en quête d’étoiles, de justice et de liberté.

«Je te tiens près de moi et te laisse pour être libre, parce que je suis en toi, et tu es en moi», murmure le poète. (24 heures)

Créé: 07.03.2018, 22h48

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