L’impossible adhésion de la Suisse à l’Union européenne

L'invitéFrançois Brélaz estime la neutralité incompatible avec un ralliement à l'UE.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L’Union européenne avait deux locomotives, Emmanuel Macron et Angela Merkel. Hélas, affaiblie par des déboires électoraux, la chancelière allemande n’est plus que l’ombre d’elle-même. C’est donc Emmanuel Macron qui est devenu le chef d’orchestre, et ses vues de l’Europe de demain sont incompatibles avec notre neutralité et notre démocratie.

Tout d’abord, le président français prône une Europe plus forte et institutionnellement plus développée: un budget pour la zone euro, une Europe de la défense, une taxation européenne des géants du numérique, une politique commune pour les migrants et même une harmonisation sociale à travers un bouclier social commun aux membres. Que ferait la Suisse dans cette pétaudière, si ce n’est être une vache à traire dans la mesure où notre économie est forte!

D’autre part, M. Macron a provoqué des remous dans les Balkans en affirmant que l’Europe devait se réformer avant d’accueillir de nouveaux membres, en l’occurrence l’Albanie et la Macédoine du Nord.

Les partisans d’une adhésion à l’Union européenne affirment que notre pays défendrait mieux ses intérêts en étant à l’intérieur qu’à l’extérieur. En admettant une hypothétique adhésion, quel poids auraient les (environ) 25 députés suisses répartis entre divers groupes parmi, actuellement, 751 collègues?

La neutralité de la Suisse a été conclue en 1815 par le Traité de Vienne. Les intérêts du pays, la situation internationale, l’histoire et la tradition sont les éléments de la politique de neutralité. C’est ainsi que depuis 1980, notre pays représente les intérêts des USA en Iran. Si la Suisse adhérait à l’Union européenne, pourrions-nous à la fois accomplir cette mission de représentation et, comme membre de l’UE, reprocher à l’Iran la reprise de l’enrichissement d’uranium ou participer à d’éventuelles sanctions?

«Que va-t-il se passer avec notre neutralité le jour où l’UE créera une armée avec un commandement supranational?»

D’autre part, la Suisse représente les intérêts iraniens en Arabie saoudite et vice versa, de même que les intérêts de l’Iran en Égypte, de la Russie en Géorgie et vice versa et ceux de l’Iran au Canada.

Et que va-t-il se passer avec notre neutralité le jour où l’Union européenne créera une armée avec un commandement supranational?

Cette neutralité est sacrée! Je rappelle par exemple qu’un ex-sergent de l’armée suisse, d’origine araméenne, parti combattre Daech en Syrie dans une milice chrétienne, a été condamné à 90 jours-amendes. Cela signifie que même en face de Daech nous devons être neutres!

Récemment, le Service européen pour l’action extérieure renouvelait le soutien de l’UE au Burkina Faso en proie à des attaques djihadistes et terroristes. Et là aussi, une telle démarche est incompatible avec la neutralité suisse.

Avant de foncer tête baissée, les partisans d’une adhésion à l’UE feraient bien d’étudier la politique extérieure de l’UE et ils constateront son incompatibilité avec notre neutralité.

Créé: 12.12.2019, 06h44

François Brélaz, ancien député UDC

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 7

Paru le 16 janvier 2020
(Image: Bénédicte) Plus...