Passer au contenu principal

Inclure les femmes migrantes dans le sport

à Bashkim Iseni, politologue, délégué à l’intégration de la Ville de Lausanne.

À l’occasion d’un récent voyage au Kenya, je discutais avec un jeune Massaï. J’étais épaté par sa connaissance de nos sportifs, et en particulier des footballeurs de la Nati. Depuis cette contrée lointaine, je réalisais à quel point le sport rapproche les gens.

L’impact du sport pour le vivre-ensemble était d’ailleurs au centre d’une récente réunion à Berne de hauts responsables de la migration et du sport helvétique. Elle traitait plus précisément de la question du sport et de l’intégration, à la fois pour les réfugiés et pour les migrants en général. Bien vu! Le sport est un vecteur extrêmement important dans le rapprochement de personnes d’horizons culturels variés, et en particulier parce qu’il facilite l’accès des personnes migrantes à leur société d’accueil.

En réunissant les gens autour d’une passion commune, le sport contribue à créer cette proximité et à mettre à plat les différences, qu’elles soient socio-économiques ou des origines. Il contribue ainsi clairement à décloisonner socialement, culturellement, voire à faciliter – par le biais de contacts personnels – la création de réseaux professionnels, en particulier pour des personnes migrantes ou des réfugiés. Compte tenu de ce consensus autour des bienfaits du sport, il est pertinent d’allouer des moyens et de l’énergie en vue de favoriser l’immersion des personnes étrangères également par ce biais. Prenons quelques chiffres révélateurs: 43% des 300'000 personnes licenciées dans des clubs en Suisse sont d’origine immigrée. Elles proviennent de 180 pays. Sur les 1400 clubs, nombreux sont ceux qui portent des noms d’ailleurs, ce qui est une manière de garder des liens avec leur culture d’origine, mais aussi à se socialiser avec la société qui les a accueillis, eux ou leurs parents.

Toutefois, dans cette constellation entre sport et intégration, il est important de rappeler plusieurs éléments qui ont leur importance. Premièrement, la pratique en commun d’une activité sportive est l’un des moyens par excellence pour lutter contre le racisme et la xénophobie. Bien sûr, on le sait, les terrains de sport peuvent parfois être les témoins de réflexes primitifs d’intolérance et de rejet. Toutefois, le jeu reste généralement un puissant antidote au fanatisme. Cela grâce au travail des clubs et institutions qui inculquent aux sportifs les valeurs du respect et du fair-play. Pour un jeune d’origine immigrée, le sport est aussi un moyen d’assimiler une discipline, d’apprendre à s’organiser, à construire ensemble au sein d’une équipe, et surtout à apprendre à gérer les émotions en respectant l’autre, que ce soit dans la victoire ou dans la défaite.

Deuxièmement, le message de l’intégration par le sport doit dépasser ce lieu commun pour s’enrichir rapidement et réussir socialement, car la mobilité sociale en Suisse est fortement liée à la formation des personnes. La pratique du sport doit donc être vue avant tout comme le moyen d’accroître son bien-être, sa santé et son harmonie personnelle.

Troisièmement, ouvrir l’accès à une large palette d’activités sportives doit être possible, notamment pour les migrants aux revenus souvent plus faibles. Ouvrir l’accès à d’autres disciplines que le football présente aussi un bénéfice pour la relève du sport suisse.

Enfin, last but not least, une importante composante de notre société bénéficie peu de l’intégration par le sport: les femmes migrantes. De manière générale, l’inclusion des femmes dans le sport est une nécessité démocratique, mais aussi un moyen de lutter contre la violence, sur le terrain comme dans les gradins.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.