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L’info ne vaut que si elle est partagée par tous

Grégoire Junod commente les choix de la Municipalité de Lausanne en matière de bulletin communal.

Si vous vivez dans la région lausannoise, vous pourrez découvrir cette semaine la deuxième édition du «Journal de la Ville de Lausanne» inséré dans «LausanneCités».

C’est le nouveau bulletin communal d’information appelé à paraître toutes les deux semaines. Son but: renseigner les citoyennes et citoyens sur les manifestations et prestations offertes par la Ville, les démarches pratiques, les grands projets… Un complément souhaité par la Municipalité à l’information nombreuse diffusée sur les différents supports de communication (site internet, réseaux sociaux, application).

À juste titre, on pouvait s’attendre à ce que ce nouveau produit soit scruté de près; l’information, lorsqu’elle émane d’une autorité, n’est pas anodine. N’est-elle pas trop politique, trop partisane? Même si la Ville s’est donné d’importants garde-fous avec un comité de rédaction indépendant de «LausanneCités» et autonome de la Municipalité, la question est légitime.

Après avoir débuté au Conseil communal, le débat s’est déplacé dans les colonnes de «24 heures», sous la plume de son rédacteur en chef Claude Ansermoz: pourquoi la Ville s’est-elle associée à «Lausanne Cités», sans réaliser d’appel d’offres? Comprenez entre les lignes: pourquoi n’a-t-elle pas choisi «24 heures», plus grand quotidien vaudois?

Même si la question est avant tout rhétorique – Tamedia, l’éditeur de «24 heures», écarte d’emblée tout intérêt pour des aides directes –, prenons la peine de nous y arrêter. Et la réponse coule de source: «LausanneCités» demeure à ce jour le seul journal gratuit diffusé à tous les ménages lausannois.

L’argument n’a rien de factice: la loi sur les marchés publics impose des appels d’offres sauf lorsqu’il n’y a qu’un seul prestataire. Or c’est bel et bien le cas. L’affirmer ne dénote aucun signe de mépris pour qui que ce soit, ni pour «24 heures» bien sûr, qui se démarque de ses concurrents dans sa couverture de l’actualité locale, ni pour ses lecteurs, pas plus bien entendu que pour toutes celles et tous ceux pour qui «LausanneCités» est le seul journal reçu à domicile.

Plusieurs villes suisses ont fait le choix d’une collaboration avec le «gratuit» de leur région

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si plusieurs villes suisses ont fait le choix d’une collaboration avec le «gratuit» de leur région pour diffuser leurs informations communales. Lausanne n’a rien inventé.

Reste enfin le coût de l’opération, 170 000 francs par année, auquel s’ajoutent 70 000 francs d’achats d’annonces destinés aux journaux de la place: «24 heures», «Le Temps», «La Liberté», «Le Courrier» et les journaux de quartier. Ces sommes sont entièrement compensées par des économies réalisées sur des publications éditées jusqu’à ce jour par la Ville. Le «Journal de la Ville de Lausanne» ne coûtera donc pas 1 franc de plus au contribuable lausannois, mais il lui offrira une fenêtre d’information sur la vie lausannoise.

Et si nous laissions d’abord les Lausannoises et Lausannois juger?

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