Une initiative qui en appelle d’autres sur le service public

L'invitéNicolas Daïna défend férocement le oui dans les urnes en mars prochain.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Il faut accepter «No Billag» parce qu’une large majorité des journalistes de l’audiovisuel public est de gauche. Telle pourrait être la teneur d’un tweet d’un chef d’État d’outre-Atlantique.

Ici, l’initiative transcende le clivage gauche-droite car elle met en lumière l’absence d’une définition objective du service public de l’audiovisuel. La campagne confirme que les ménages ne comprennent pas pourquoi ils paient si cher, alors que les entreprises s’offusquent de s’acquitter d’une redevance que leurs employés paient aussi individuellement. Beaucoup sont tentés de sevrer enfin le bibendum qu’est devenue la SSR au fil des ans.

Les responsables politiques chargés du Département fédéral de la communication n’ont jamais consacré beaucoup d’énergie à la mise en œuvre d’un véritable service au public en la matière; se satisfaisant d’alimenter la SSR, comme ils le feraient avec un Office fédéral standard. Relevons que «No Billag» a eu le mérite de provoquer une réaction puisque les autorités ont prévu de réduire la redevance de 20%, d’en exonérer les très petites entreprises et de plafonner la part dévolue à la SSR.

La première victime de cette indolence politique est la malheureuse SSR. Elle qui publie: «(… ) la Confédération fixe nos activités, notre organisation et notre financement, l’Office fédéral de la communication surveille notre travail… Dans ce cadre, la SSR travaille en toute indépendance.». Irréel!

Dépassant le milliard et demi de francs, le budget de la SSR est supérieur à celui du canton de Zoug. Au milieu de l’opulence transparaît l’arrogance: la SSR se mue en garante de la cohésion nationale ou en pilier de la démocratie. Plus terre à terre, certains considèrent que la part consacrée à l’information, 40%, est insuffisante. D’autres estiment que la presse écrite devrait être subventionnée. Faut-il dès lors une politique publique en matière de communication? «No Billag» répond non car la diversité culturelle et la qualité de l’information ne sont pas garanties par la tutelle d’un Office fédéral.

Combattre une taxe ou un impôt c’est s’exposer aux foudres d’élites perturbées dans leur confort; et déclencher les traditionnels chapelets apocalyptiques. «No Billag» représenterait un danger pour la démocratie, viserait la destruction de la SSR, des télévisions et radios régionales. Un véritable El Niño médiatique que cette initiative! Au contraire, «No Billag» est bienvenue à l’heure où les prélèvements obligatoires n’ont jamais été aussi élevés. Nul ne conteste la qualité de nombreux programmes diffusés par la SSR et rien n’indique que la population y renoncera lorsqu’elle sera débarrassée d’une des nombreuses taxes publiques qui l’étreint. (24 heures)

Créé: 22.01.2018, 14h00

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 5

«Les agriculteurs sous pression et les vaches orphelines», paru le 26 mai 2018
(Image: Valott) Plus...