Sus à l’initiative populaire contre l’intégrisme religieux

L'invitéeMarie-Denise Schaller, présidente de la Fédération ecclésiastique catholique romaine du canton de Vaud, s'oppose totalement à ce texte.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Mystification! C’est le mot qui vient à l’esprit lorsqu’on examine de près l’initiative contre l’intégrisme religieux lancée par l’UDC vaudoise. Mystification qui consiste à tromper le citoyen, à vouloir l’abuser en déformant la réalité religieuse du canton, laissant croire que la Constitution vaudoise est laxiste, et donc complice – potentiellement – de l’intégrisme religieux. Dérogations vestimentaires, enseignement spécifique dans les écoles, régimes alimentaires adaptés, jours fériés imposés… tels seraient les nouveaux droits qu’imposerait de facto la reconnaissance d’une communauté religieuse profitant d’une législation prétendument naïve et aveugle, ouverte à tous les abus du communautarisme.

Mystification, en effet, car la réalité est tout autre. La Constitution de 2003, la loi et le règlement pour la reconnaissance des communautés religieuses de 2014 qui en découlent, offrent toutes les garanties pour une intégration réussie, dans le respect strict des lois fédérales et vaudoises.

Notre Constitution est moderne et avant-gardiste. Elle prend en compte la dimension spirituelle de l’être humain, en concordance avec la définition que donne l’OMS de la santé, qui met ensemble bien-être physique, psychique, social et spirituel. Elle permet des relations subtiles entre Eglises et Etat, reconnaissant le rôle des Eglises et des communautés religieuses dans le lien social et la transmission des valeurs fondamentales. En retour, elle exige des Eglises la transparence, le respect du droit et des principes démocratiques. Elle garantit la liberté de conscience et de croyance. En somme, l’Etat respecte les religions qui respectent l’Etat.

L’initiative est dangereuse, car elle menace la paix confessionnelle

Mystification encore, car cette initiative amène confusion et incertitude, là où la loi prévoit un long processus de reconnaissance. Elle laisse le temps d’observer sur des années, si les conditions précises et nombreuses qui ouvrent à la reconnaissance sont satisfaites. Citons, par exemple, l’interdiction de la polygamie, de la répudiation, de la discrimination entre homme et femme, la neutralité politique et confessionnelle de l’école… Ce processus conduit à une intégration harmonieuse dans la société vaudoise, en l’absence de tout prosélytisme agressif.

De surcroît, l’initiative est dangereuse, car elle menace la paix confessionnelle. Elle pourrait décourager les personnes de communautés religieuses minoritaires qui essaient vraiment de s’intégrer dans notre société. Elle a les effets inverses de son but affiché. De fait, elle favorise l’exclusion, la ghettoïsation, et in fine l’intégrisme et ses possibles dérives, avec le risque d’actes de violence tels que ceux perpétrés dans les pays voisins laïques, qui ne se sont malheureusement pas dotés d’une constitution aussi moderne. (24 heures)

Créé: 20.12.2016, 17h31

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 4

La question de la présence tessinoise réglée, celle de la place des femmes au Conseil fédéral va rapidement se poser. D'autant que trois vacances sont attendues d'ici 2019. Tour d'horizon des principales candidates.
(Image: Bénédicte) Plus...