Une initiative tentante, mais… non

L'invitéGérard Mojon refuse catégoriquement de glisser un oui "dentaire" dans l'urne du 4 mars.

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L’initiative de l’extrême gauche dite «Pour le remboursement des soins dentaires», soumise au peuple vaudois le 4 mars prochain, peut paraître attrayante. Malheureusement, les lourdes factures dentaires ne disparaîtront pas et les 25 fr. par mois avancés par les initiants ne résultent que d’un calcul basé sur un taux qui ne figure pas dans le texte de leur initiative.

Que se passerait-il au cas où un oui devait sortir des urnes le 4 mars prochain? Le Conseil d’État devrait élaborer une loi conforme à la nouvelle disposition constitutionnelle donc incorporant au minimum la mise en place de l’assurance obligatoire (alinéa 1 de l’initiative), d’un réseau de policliniques régionales (al. 2) et un financement par un prélèvement analogue à celui de l’AVS et par la politique sanitaire cantonale (al. 3).

Rappelons qu’au moment de son dépôt, le Conseil d’État était fortement défavorable à l’initiative. La négociation de la loi d’application risque donc d’être extrêmement difficile et incertaine, cela d’autant plus qu’une partie du parlement considère que le système actuel est, généralement, satisfaisant.

Le financement exigé par l’initiative implique un prélèvement paritaire employé - employeur, sans toutefois en fixer le taux. Les initiants l’estiment, probablement prudemment, à 0,5%. Celui-ci pourra cependant évoluer dans le temps, comme les primes LAMal.

L’initiative ne précise pas non plus quelles sont les prestations incluses dans les soins de base. Si les implants et l’orthodontie ne devaient pas en faire partie, le remplacement de chaque dent arrachée fera l’objet d’une facture au patient, comme tout autre traitement particulier.

Si nous y ajoutons les franchises annoncées récemment par le Conseil d’État, l’offre des initiants perd assurément de son attrait.

Sachant que tous les Vaudois non-salariés ne participent pas au financement de l’assurance obligatoire, la politique sanitaire cantonale sera très lourdement sollicitée. Les moyens du service de la santé publique n’étant pas illimités, il faudra économiser ou trouver de nouvelles recettes. De plus, l’État de Vaud, en sa qualité de plus gros employeur du canton, supportera l’ensemble des parts patronales de ses quelque 39 000 collaborateurs.

Quant aux indépendants, frange importante de notre économie, ils seront incontestablement les perdants du système, eux qui payent à la foi les parts employé et employeur de l’AVS.

Enfin, si les médecins dentistes installés et les polycliniques exercent conjointement, l’initiative ouvre un boulevard à une médecine dentaire à deux vitesses, dont personne ne veut. Beaucoup d’incertitudes, des coûts démesurés, un contrôle de l’État sur la médecine dentaire; autant d’arguments qui me feront déposer un non clair dans les urnes, le 4 mars prochain. Je ne peux qu’encourager les Vaudoises et Vaudois à en faire de même. (24 heures)

Créé: 13.02.2018, 15h12

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