Islam vaudois: beaucoup de questions sans réponse

L'invitéChristian Bibollet, coordinateur de l’Institut pour les questions relatives à l’islam du Réseau Évangélique, répond à Pascal Gemperli.

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Pascal Gemperli se réjouit de la prise de position du PS en faveur d’une reconnaissance étatique des communautés musulmanes. On le comprend, mais on ne partage pas nécessairement sa joie.

L’approche socialiste de cette question est pragmatique. On nous dit: «Traitons les associations musulmanes comme les autres communautés religieuses. Ne nous occupons pas de leurs croyances». Mais si ce sont justement les croyances qui posent problème, est-il vraiment responsable de nous demander de dormir tranquilles?

Toujours prompt à faire la lumière sur les manœuvres des ennemis de l’islam, M. Gemperli disqualifie complètement le dernier livre de Saïda Keller-Messahli sur la «salafisation» de certaines mosquées en Suisse. Elle crierait au loup là où il n’y a rien. Oublie-t-il qu’à Genève, Bienne et Winterthour, des imams ont récemment été identifiés comme représentant un risque sécuritaire? Oublie-t-il que ces hommes fondent leur enseignement sur le Coran, les hadiths et la sunna de Mahomet qui appellent à conquérir le monde par la force et exaltent le «combat dans le sentier d’Allah» comme le plus sûr moyen d’atteindre le Paradis? Ces hommes ne sont-ils vraiment que des ignorants?

En réalité, bien d’autres musulmans se sont levés pour avertir du même danger. Hamad Abdel-Samad parle de «fascisme islamique» et Hamid Zanaz d’islamisme comme vrai visage de l’islam. Des femmes musulmanes font également chorus pour dénoncer le Coran comme violent, misogyne et antidémocratique.

Tous ces critiques ne sont-ils que de vils mécréants destinés aux flammes de l’enfer? Dans son zèle à défendre l’islam, M. Gemperli les assimilerait peut-être à ceux qui, selon lui, promeuvent depuis deux décennies «une politique d’extrême droite, ainsi qu’un protectionnisme identitaire, discriminatoire et «islamohostile».

Alors, quel islam pour le canton de Vaud? L’islam est multiple dans ses formes mais Un dans ses fondamentaux. Or, en Occident, ses adeptes doivent concilier deux exigences contradictoires: leur allégeance à la charia et le respect des règles démocratiques de leur pays de résidence. Face à cette dualité, il est aisé de comprendre que leur allégeance variera en fonction du poids et de la force politique de cette communauté.

Les pays démocratiques sont donc les hôtes de communautés musulmanes tiraillées entre deux loyautés. À côté de ceux qui veulent vivre leur religion en paix, il y a ceux qui considèrent que cette paix est celle des mécréants et qu’elle trahit le message fondateur de l’islam. Si l’islam est donc religion de paix, que les musulmans cessent de faire mémoriser à leurs enfants les versets du Coran hostiles aux non musulmans et qu’ils les abrogent! On pourra alors commencer à les croire. (24 heures)

Créé: 14.12.2017, 14h41

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