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Le journalisme au temps du coronavirus

à Daniel Cornu, qui relève combien l'information fiable est capitale en temps de crise.

Se plaindre au médiateur? Vraiment pas une priorité, par le virus qui court. Pendant une dizaine de jours, dès le 13 mars, pas une seule réclamation, pas une seule demande. Rien. Dans les derniers jours du mois, aucun débordement de la messagerie du médiateur à signaler. Cela s’explique par l’attention quasi exclusive portée à l’évolution de la pandémie, par le souci que chacun a de ses proches et de soi. Probablement aussi par la qualité du travail fourni par les journalistes et les entreprises d’information.

À l’heure des premières recommandations de prudence du Conseil fédéral («Pas plus de 1'000 personnes»), on entendait encore dans le bus le traditionnel râleur: «Tout ça, c’est la faute des médias. Ils ne peuvent pas s’empêcher d’en rajouter.» Depuis lors, sans cesser tout à fait, les habituelles critiques se tassent. Des encouragements arrivent aux rédactions, des lettres de remerciements dans le Courrier des lecteurs.

De quoi est fait le journalisme en cette période de pandémie? De rien d’autre en somme qui ne constitue son ordinaire. Mais l’engagement des gens du métier est rendu remarquable par les circonstances. Les populations saluent pour leur dévouement impressionnant les médecins, le personnel des établissements de santé, publics et privés. Elles disent à raison leur gratitude à toutes les personnes qui s’exposent pour assurer leur sécurité, la salubrité du domaine public ou autres services élémentaires.

«Depuis quelques semaines, l’information est de plus en plus comprise comme un bien commun»

Or, depuis quelques semaines, l’information est de plus en plus comprise comme un bien commun. On s’aperçoit que les médias assument, globalement et avec leurs statuts divers, une mission de service public. Les journalistes ne demandent pas de félicitations. À part quelques-uns qui prennent des risques mesurés sur le terrain, photographes ou reporters, ils sont pour la plupart protégés dans leur activité. Ils travaillent à distance, chacun chez soi. Mais non pour soi.

L’édition d’un journal est un travail collectif, une œuvre commune. Elle suppose des échanges, des concertations, des ajustements. La technologie numérique est convoquée pour remplacer les salles de rédaction. Il a fallu que chacun s’y mette. L’objectif est, plus que jamais, de répondre au droit de savoir du public. Sur le front du coronavirus, la bataille pour l’information ne fabrique pas des héros. Les circonstances lui donnent pourtant son vrai prix, alors que le discours dominant ne cesse de mettre en doute la crédibilité des médias, de manière trop souvent biaisée. La réponse du public en ces jours de pandémie est éloquente.

Les journalistes n’attendent pas qu’on les remercie, mais qu’on s’en souvienne. La viabilité de nombreuses entreprises de presse reste précaire, et plus encore sous l’effet de l’actuelle désertion de la publicité.

Les défis sont nombreux. Comment assurer une abondance d’informations tout en veillant à la fiabilité de chacune? Comment restituer à leur juste hauteur les recommandations officielles? Comment trouver l’équilibre entre la relation sans équivoque des faits et le risque de les dramatiser? Dans leurs éditions sur papier des 21-22 mars, «24heures» et la «Tribune de Genève» publient en commun quatre pages sur le thème «un virus en 60 questions». Pour les usagers des informations sur téléphone mobile, les services numériques de Tamedia offrent chaque jour un déroulé en direct de nouvelles aux titres sobres. Ce sont de bonnes manières de répondre à la question d’un traitement à la fois réfléchi et responsable.

À ce jour, les réclamations au médiateur sur le travail journalistique au temps de la pandémie restent à leur plus bas niveau.

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