Ken et Aki sont sur un bateau

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Ils seront tous les deux en haut de l’affiche du Casino de Montbenon. Deux rétrospectives printanières à la Cinémathèque suisse qui se suivent, se ressemblent, un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout. Dans cette roulette programmatique, le Britannique Ken Loach précédera le Finlandais Aki Kaurismäki.

Il y a bien sûr d’abord ce qui les unit. Ce cinéma estampillé «social» qui fait la part belle à ceux qui ont la part moche. Ceux que le «grand capital» presse jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de jus. Avant de les laisser sur le bas-côté. Où ils rejoignent d’autres exclus, souvent venus d’ailleurs, que la pauvreté ou les guerres ont mis sur les chemins de l’exil. Le tout sur fond de cités désindustrialisées.

Par les temps qui courent, ce cinéma teinté de solidarité est évidemment nécessaire. Et pourtant, j’avoue qu’au petit jeu des comparaisons, je préfère Toivon tuolla puolen à My Name is Joe. D’abord parce que, avec le temps, rien ne ressemble plus à un film de Ken Loach qu’un autre film de Ken Loach. Des accents à couper au couteau du nord du Royaume désuni, de la brique rouge et des destins tragiques.

Des histoires fortes qui secouent les entrailles et mouillent les yeux. Mais, malgré les palmes, il n’y a plus guère de proposition de cinéma dans et derrière les images de Ken Loach. Ce sont des fictions qui prennent des airs de documentaires. Si l’octogénaire tourne encore, c’est comme il le dit lui-même, pour continuer à dénoncer. Punkt Schluss.

Aki Kaurismäki n’est certainement pas moins militant. Mais il parvient à donner de la beauté, de l’esthétisme à la laideur. Un peu comme Jérôme Bosch quand il peint l’enfer. Un port ou un boui-boui d’Helsinki, cadrés dans des couleurs pastel écaillées, prennent sous la houlette du Finlandais des accents brutalistes. S’y ajoutent du tango scandinave, de la poésie et du burlesque. Bref Aki Kaurismäki a filtré la réalité avec son tamis d’artiste. C’est un propos qui n’empêche pas de faire réfléchir, de L’autre côté de l’espoir. (24 heures)

Créé: 17.03.2017, 21h55

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