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Lausanne, amie des enfants, vraiment?

Philippe Miauton reproche à la Municipalité la vétusté d'un nombre important d'écoles lausannoises.

Chaque nouveau parc, balançoire ou place de jeu permet à la Municipalité lausannoise, satisfaite, d’agiter le label «Commune amie des enfants» décerné à la ville en 2012. Las, l’état de délabrement des écoles, domaine crucial pour les 14'000 enfants scolarisés et pour leur futur – sans parler des conditions de travail des enseignants –, désavoue sévèrement ce fameux label communico-marketing. Pire, il en devient même mensonger.

Il aura fallu cinq ans d’attente avant que le Conseil communal ne se prononce sur la réponse du Municipal d’extrême gauche Payot à un postulat sur la planification des rénovations et constructions scolaires. Le constat est alarmant! D’ici à 2030, 145 classes supplémentaires seront nécessaires pour répondre à la croissance démographique. Ces dix-sept dernières années, la Ville n’est cependant parvenue à en créer que 107. À cela s’ajoute qu’aujourd’hui Lausanne ne répond toujours pas aux critères de la loi vaudoise sur l’enseignement obligatoire. La vétusté d’un nombre important d’écoles, dont beaucoup présentent par ailleurs une insuffisance d’isolation thermique, apparaît noir sur blanc dans le rapport de la Municipalité. Cette situation est tout simplement incompatible avec l’image d’une ville qui se proclame attachée à l’enfance, à l’écologie, et j’en passe.

Comment expliquer que la Ville devise à 410 millions la somme à investir jusqu’en 2040 pour l’assainissement des bâtiments scolaires, alors qu’elle n’a consacré que 133 millions en dix-neuf ans à cette question? À cela s’ajoutent les 450 millions d’ici à 2030 pour répondre aux besoins liés à la démographie et aux rénovations. Au final, ce sont des centaines de millions qui n’ont pas été investis ces vingt à trente dernières années. Soit l’exacte longévité de la majorité de gauche à la Municipalité!

Et que dire de ces montants à l’aune des près de 100 millions dépensés, sans sourciller, chaque année par Lausanne pour l’ensemble de ses subventions? La comparaison est cruelle et donne toute la mesure des priorités financières de la ville. Mais l’urgence est telle et les moyens si peu présents que la Municipalité a dû recourir à une taxe sur l’électricité via un plan climat pour programmer l’assainissement énergétique des bâtiments scolaires. En définitive, elle se voit contrainte d’imposer une nouvelle taxe aux Lausannois pour assumer sa mission, qui aurait pourtant dû relever du budget courant.

Ce laxisme budgétaire – dans un domaine aussi vital – oblige la majorité de gauche de la ville, qui tente tant bien que mal de rattraper le temps perdu, à compenser maladroitement l’argent non investi en opérant des choix qui ont comme effet pervers de produire des inégalités de chances entre les quartiers face à l’état de leurs écoles. Inégalités que cette même gauche critique à longueur d’année dans maints autres sujets.

Au final, un énorme gâchis financier, des inégalités croissantes et une urgence coupable qui prouvent le désintérêt de la capitale vaudoise sur le dossier des écoles, elle qui est pourtant labellisée – à tort – «Amie des enfants».

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