Lausanne se démène pour assurer la qualité de son eau

L'invitéPierre-Antoine Hildbrand rappelle que ses services veillent nuit et jour sur la pureté de l'or bleu de la capitale vaudoise.

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Troisième distributeur d’eau potable en Suisse, Lausanne prend ses responsabilités face aux risques de pollution de cette ressource vitale. Un métabolite (ou produit de dégradation) d’un pesticide de la famille des fongicides, bientôt interdit, le chlorothalonil, a été observé à des concentrations importantes dans les eaux souterraines suisses. Dans 20% des cas, les niveaux étaient supérieurs aux normes environnementales en vigueur. Il s’agit d’un cancérigène potentiel qui met plus de neuf ans à se dégrader.

Le laboratoire du Service de l’eau de la Ville de Lausanne surveille jour et nuit, de manière continue, la qualité de l’eau. Il prélève annuellement plus de 6000 échantillons et conduit plus de 100 000 analyses. Les contrôles sont physico-chimiques pour détecter la présence de métaux lourds, microbiologiques contre les bactéries et les virus et enfin ciblés sur les micropolluants (pesticides, résidus de médicaments, perturbateurs endocriniens, etc.).

En 2013 déjà, Lausanne a identifié ce métabolite et tiré la sonnette d’alarme en sollicitant l’Office cantonal de la consommation pour avoir un positionnement de la Confédération sur ce pesticide. S’en est suivie une valse-hésitation de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires quant au seuil admissible. Jusqu’au 26 juin 2019, date à laquelle la substance a été déclarée pertinente, c’est-à-dire présentant potentiellement un danger pour la santé des consommateurs, avec une valeur maximale admissible de 0,1 millionième de gramme par litre.

«Dès 2016, deux sources contaminées du réseau d’eau potable ont été détournées»

Dans l’intervalle et d’entente avec le Canton, une série de mesures ont été prises par Lausanne. Son Service de l’eau a sensibilisé ceux qui travaillent la terre pour tenter de réduire voire d’abolir l’utilisation du chlorothalonil. Dès 2016, deux sources contaminées du réseau d’eau potable ont été détournées. Les volumes perdus ont été compensés par pompage d’eau dans le Léman.

À terme, la Confédération, compétente en matière d’autorisation pour les pesticides et produits phytosanitaires, doit revoir ses directives et ses pratiques. La concurrence entre offices fédéraux ne doit ni empêcher ni excuser l’absence de décision des responsables. S’il est un domaine où le principe de précaution fait sens, c’est bien celui de la préservation directe de notre alimentation en eau.

À défaut de contre-projet aux initiatives populaires fédérales relatives aux pesticides, la Politique agricole à partir de 2022 (PA22 +) doit notamment apporter un cadre clair à l’utilisation de produits de synthèse. Il faut renforcer la confiance dans l’eau du robinet et en même temps répondre aux besoins actuels et futurs des agriculteurs. Il faut les soutenir en favorisant les solutions mécaniques, l’évolution des cultures et l’abandon autant que possible des pesticides. Plus largement, nos activités quotidiennes à tous (détergents, médicaments, etc.) sont aussi d’importantes causes de pollution de l’eau. Nous devons agir en amont et en aval par l’épuration afin de préserver nos ressources vitales en eau potable.

Créé: 23.09.2019, 06h56

Pierre-Antoine Hildbrand, conseiller municipal PLR à Lausanne, direction de la sécurité et de l’économie.

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