Même lorsqu’il est en panne, le train réunit les Suisses

La RédactionJudith Mayencourt revient sur les problèmes des CFF et leur manière de communiquer ou faire face.

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Il y a les accidents de personnes, tragiques. Les collisions de train, spectaculaires. Les éboulements de terrain, inquiétants. C’est la série noire. Et contre la loi des séries, on ne peut rien – ou pas grand-chose.

C’est en tout cas ce que nous expliquent tous les jours les CFF, à travers leurs délicieuses annonces. Le train s’arrête – ou ne démarre pas. Le haut-parleur grésille un peu. Une voix s’élance, d’abord avec conviction, pour expliquer le malheur du jour. Elle s’interrompt, repart, s’encouble, revient. On croit en avoir fini avec les explications techniques, mais tout cela doit être redit dans l’autre langue. Périlleux.

Dans le wagon, tout le monde tend l’oreille et s’agite. Les commentaires à mi-voix fusent avant même que ne s’éteigne le haut-parleur. Personne n’a jamais vraiment compris de quoi il en retourne, alors on échange nos bribes d’information et d’explication. Avec le temps, les arrachages de ligne de contact et autre dérangement du réseau semblent n’avoir plus de mystère pour l’usager du rail. Mais le constat est unanime: encore une fois, c’est la fatalité.

Les CFF sont désolés, et nous tout autant. Chacun y va de sa petite anecdote. Le retard qui nous a fait manquer le mariage d’un proche, l’avion des vacances. Ou simplement celui qui énerve, révolte, qui nous fera arriver trop tard au travail, à la maison.

Quelquefois même le train cesse de nous transporter pour nous faire - enfin - voyager

Mais soudain, la magie opère… Si le rail rapproche la Suisse – ou le devrait! – ses perturbations, elles, rapprochent les Suisses. Le passager aigri trouve immanquablement une bonne âme pour le consoler, le comprendre, ou l’amener à relativiser les faits. La panne a brisé la glace.

Quelquefois même le train cesse de nous transporter pour nous faire – enfin – voyager. Le trajet Lausanne-Zurich se mue en escapade. Voici enfin l’occasion de remonter la vallée du Rhône, jeter un œil à la Pissevache de notre enfance – cette cascade dont le nom nous faisait tant rire. Saluer la capitale valaisanne, franchir le tunnel du Lötschberg, et remonter l’Oberland bernois – avec une pensée émue pour ce vieil Adolf Ogi. Le détour nous laisse largement le temps de calmer notre colère. Avec les heures qui passent, nous voilà tout engourdis par le balancement des essieux. On finit par s’endormir.

Il arrive même que les CFF nous offrent une véritable course d’école. Sous le contrôle des agents de circulation, la petite troupe quitte le train et s’élance dans un désordre précipité vers l’autocar qui doit lui faire franchir l’obstacle. Il ne manque que les sandwiches mous et le sirop tiède qui poisse au fond du sac pour revivre en mémoire la visite au Zoo de Servion ou les ruines romaines d’Avenches. Ou se souvenir du temps où les trains suisses arrivaient à l’heure…

Créé: 15.05.2015, 09h31

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