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Lutter contre le mitage heurte certains intérêts locaux

René Knüsel commente les enjeux de l'initiative sur laquelle nous voterons le 10 février.

L’exercice de la démocratie directe oppose, paradoxalement en apparence, de plus en plus souvent des groupes de citoyens autour de la restriction de l’exercice de certains droits. Il pourrait résulter de ces affrontements le sentiment que le respect des libertés individuelles est bafoué. Les débats autour des questions touchant l’environnement sont très sensibles à cet égard.

Les exemples montrant la frustration d’un groupe minoritaire contraint de se soumettre à une loi qu’il juge discriminante à son égard ne manquent pas. L’application de la Lex Weber sur les résidences secondaires illustre parfaitement ce type de situation. Certaines communes s’indignent face à une législation, dite tatillonne, qui limite la marge de manœuvre dans l’utilisation de leur territoire. La mauvaise humeur, la révolte parfois, étaient particulièrement vivaces en Valais, mais elles sourdent un peu partout.

La définition de l’espace territorial subit des modifications très profondes, surtout depuis un demi-siècle. Sa représentation a fortement évolué. Le nombre de bourgeois d’une commune vivant encore sur son lieu d’origine est réduit. L’identification même aux frontières communales a fortement varié. En témoignent les fusions de communes, voire de districts, qui ne correspondent plus au mode de vie dominant.

Il en résulte forcément des tensions, parfois vives, entre partisans de la préservation de valeurs et d’identité locales fortes et ceux qui les prennent moins en considération. La délimitation de ce clivage est quelque peu troublante, car elle ne correspond pas aux limites de démarcation conventionnelles en politique, par exemple l’opposition gauche-droite.

L’initiative contre le mitage du sol (sur laquelle nous voterons le 10 février) va probablement s’inscrire dans cette tendance. Ses résultats vont dessiner une carte regroupant, d’une part, les partisans de la préservation de valeurs fondamentales, celles de l’environnement dans un sens large, recrutés d’abord dans les milieux urbains, et, d’autre part, les opposants qui entendent conserver les prérogatives et les lieux de décision au plus près de l’individu et de sa commune.

«Le développement des infrastructures et de la population ne peut plus se concevoir sans une réflexion d’ensemble»

Vouloir permettre aux habitants de prendre les décisions touchant leur espace de vie concret semble a priori raisonnable. Sauf que le développement des infrastructures et de la population ne peut plus se concevoir sans une réflexion d’ensemble qui forcément met à mal une partie des compétences locales traditionnelles.

Ce besoin de concertation et de planification à une large échelle pourrait sembler contraire, dans une première analyse, aux principes démocratiques qui cherchent à respecter au mieux les différences. Il est pourtant indispensable dans un moyen et long terme parce que favorable à la défense des intérêts de toute la communauté.

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