Si rien n’est fait, nous allons manquer d’eau douce
L’invitéÉric Davalle tire la sonnette d'alarme.
Le mois de mai a été pourri et celui de juin pas vraiment extraordinaire. Récemment, des pluies diluviennes se sont abattues sur la région lémanique et neuchâteloise. Des grêlons ont encore ravagé les cultures de France voisine, pendant que des chaleurs extrêmes et interminables s’abattaient sur l’Inde, comme en Suisse. Les phénomènes climatiques ravageurs s’installent, prennent de l’ampleur et semblent maintenant faire partie de nos étés. Trop de CO2?
Si l’on observe ces cinq dernières années, on serait en droit de se demander: et si Dame Nature nous disait «Stop!»? Notre civilisation est victime du succès de sa marche en avant vers un développement économique sans retenue et une démographie galopante. Tokyo, Delhi, Shanghaï et Mumbai croulent déjà sous plus de 20 millions de personnes. Résultat, on pense mieux vivre, mais on surexploite, on pollue à tout va et on détruit. Jamais une espèce vivante n’a autant marqué notre planète de son empreinte. Était-ce la vision des pionniers qui ont cru en la modernisation de notre civilisation?
Au-delà des caprices climatiques, un autre problème crucial se pose. Si nos équipements ont besoin d’énergie, nous avons fondamentalement besoin d’eau. Or, en tenant compte d’une croissance démographique exponentielle, le déficit hydrique sera de plus de 40% en 2030. Sachant que plus de 90% de l’eau douce se trouve en souterrain, l’activité humaine et ses nombreux rejets polluants contribuent à contaminer les réserves d’eau dont nous avons tous besoin. Si rien n’est fait, nous allons terriblement manquer d’eau douce. Nous voulons un développement sans limites, mais sachant que tout le monde ne disposera pas de suffisamment d’eau. Croyez-vous une seconde que les 2,5 milliards de personnes sans eau en 2030 ne vont rien faire? Les dizaines de millions d’immigrés recensés en 2018 pour cause de guerre paraîtront alors dérisoires face à la horde de ceux qui auront soif!
La bataille actuelle des défenseurs de l’environnement n’est pas un simple comportement dogmatique sans nuances. Ceux qui sont sensibles à notre environnement naturel ont raison de tirer fort la sonnette d’alarme. Ce n’est pas un hasard si en 2010 l’ONU a décrété l’accès à l’eau comme un droit humain fondamental. Nous allons devoir faire face au dilemme, entre un confort conquis et la nécessité de changer nos habitudes.
Tous, industriels, entrepreneurs, commerçants, spéculateurs ou Madame et Monsieur Tout-le-monde avons l’impérative responsabilité d’inverser le cours de notre devenir pour rétablir les équilibres rompus. Il faut une prise de conscience mondiale et largement majoritaire. Il est de notre devoir, pour nos enfants, d’agir chacun avec respect et inspiration pour un monde moins consommateur, moins polluant et dans les règles d’une vie en commun mondialisée. Les hommes politiques doivent prendre des décisions et fixer un cadre pour une économie enfin durable, sans CO2 et surtout avec de l’eau buvable en suffisance. À nous d’agir, sinon…
Créé: 02.09.2019, 07h20
Dr Éric Davalle, chargé de cours EPFL, «Économie hydraulique».
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