Marisa et Nathalie ont emmené deux petits figurants clandestins

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Il y a des figurants clandestins dans cette fête. Ils sont au moins deux. Chaque jour de spectacle, ils entrent dans l’arène sans billet, sans costume. Ils sont bien cachés, sous les robes de Marisa Gullo et Nathalie Kruis, figurantes de la troupe des Bourgeons, qui les abritent dans leur ventre rond pour quelques semaines encore. Le bébé de Marisa naîtra fin août, celui de Nathalie fin septembre. Ils font donc la fête sans le savoir. Quoique. Il paraît que dans les nuits qui suivent les spectacles du soir, à l’heure où les mamans peuvent enfin s’allonger pour dormir, ils dansent tant et plus, comme imprégnés par les musiques qu’ils viennent d’entendre.

Marisa s’est inscrite pour la fête il y a deux ans et demi, quand son premier enfant, Yoann, était à six mois d’arriver. «Je n’ai pas hésité une seconde, c’était clair, je ferais la fête.» Il faut dire que le monde des bébés, elle connaît. Elle est sage-femme. Son mari Raphaël, à ses côtés, figurant lui aussi, souligne la confiance qu’il lui porte: «Dès le moment où pour Marisa, qui est très active, sportive, les choses étaient possibles, il n’y avait pas de doute. D’autant plus que nous pouvons compter sur toute une ribambelle de proches, dont les grands-parents, pour que Yoann passe aussi un bel été!»

Nathalie, laborantine médicale, a prolongé une ancienne histoire de famille en s’inscrivant à cette Fête des vignerons dont elle a tant entendu parler, avec enthousiasme, dans son enfance. Pour elle aussi, c’était une évidence. Sa maman, Esther, avait fait celle de 1977 dans les arbres de mai, et son grand-père dans le chœur de 1955. Hier, dans les gradins, le mari de Nathalie, Kevin, portait le costume du grand-père, et sa sœur Aline celui d’Esther, qui attend le bébé, son premier petit-enfant, avec impatience.

Mais comment sont-elles regardées, ces futures mamans qui se mêlent au spectacle dans le bruit, la foule, la chaleur, avec ce petit être sous leur robe qui a d’ailleurs été ajustée plusieurs fois pour les besoins de la cause (maintenant, la ceinture passe au-dessus du ventre!). «Tout le monde est bienveillant avec nous. On nous demande comment ça va, on nous porte nos affaires, nous sommes dorlotées!»

Viviane, une figurante, touche même le ventre de Marisa avant chaque entrée en scène. Pour s’encourager. Le bébé a déjà son rôle. Et elles rient de bon cœur en évoquant cette petite phrase qui leur a été de temps en temps adressée: «Tu as une banane sous ta robe? C’est drôle, on dirait que tu es enceinte!» Non, il n’y a pas de bananes sous les robes, mais deux petits bourgeons prêts à éclore qui fêteront leurs vingt ans avec la prochaine fête.

Créé: 23.07.2019, 20h10

Philippe Dubath

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