Pour une médecine hospitalière cohérente

Carte blanchePierre-Yves Maillard apporte des précisions sur le projet de règlement de la médecine hospitalière vaudoise.

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Les lecteurs de 24 heures doivent se poser des questions. Un grand danger plane-t-il sur la médecine hospitalière vaudoise? Certes, puisqu’il est question d’argent, certaines émotions sont vives, mais pas de menace à l’horizon. Un projet de règlement vise seulement à mettre en cohérence les différents statuts en vigueur dans le canton. Et à généraliser le plafond de revenus des médecins en vigueur au CHUV, soit 550 000 francs par an…

Les opposants à ce projet mis en consultation disent ne plus contester cette limite que, d’après eux, à peu près personne n’atteindrait. Or des dépassements de ce plafond existent, parfois pour des centaines de milliers de francs, même si la majorité des médecins en est assez loin.

Admettons donc que ce plafond est enfin accepté. Reste à le faire appliquer. D’abord, il vaut évidemment pour une activité à plein-temps, qu’il faut donc définir. Or dans les hôpitaux régionaux, on peut ajouter au salaire à plein-temps le revenu indépendant d’une activité en cabinet au sein même de l’hôpital. Le règlement projeté met un terme à cette confusion. Une activité accessoire en cabinet resterait possible à condition que le temps de travail salarié et donc le salaire qui va avec soient adaptés en conséquence.

En plus des primes LAMal, des moyens publics importants sont engagés dans nos hôpitaux

De même si on intervient quatre jours par semaine dans un hôpital, on devrait alors en devenir salarié et plus indépendant «agréé». Faute de quoi, les règles salariales seraient aisément contournées. Il y a encore une exigence toute simple: déposer un planning de ses présences…

Le reste du règlement améliore la situation de ceux qui assument notamment les interventions pendant les gardes. Et puis il établit que le suivi de la relève, l’organisation des gardes, la cohérence des pratiques cliniques, la gestion des absences nécessitent une conduite claire. Les modalités peuvent être discutées: tournus, direction collégiale, peu importe, quelqu’un doit assumer cette responsabilité. L’ensemble des professionnels du service et les patients subissent les conséquences quand une organisation est insuffisante. La question ne se résume donc pas à la seule liberté des médecins.

En plus des primes LAMal, des moyens publics importants sont engagés dans nos hôpitaux. Les conditions de travail y ont été améliorées par une CCT, certes, essentiellement pour les salariés moins bien rémunérés. La reconnaissance que nous avons tous pour les professionnels de la santé et les services qu’ils rendent crée un fort consensus pour cette priorité budgétaire. Mais les blocages corporatistes fragilisent ce consensus et le système de santé en souffre trop. Le temps n’est donc pas à la polémique, ni à l’alarmisme, mais aux propositions constructives et à la mesure. (24 heures)

Créé: 07.10.2016, 10h54

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